RDC : 8,5 milliards de dollars cash quittent le système bancaire

La Banque centrale du Congo (BCC) a révélé un chiffre préoccupant. Sur 10 milliards de dollars importés en espèces en 2025, 8,5 milliards ont immédiatement quitté le circuit bancaire. Cela représente 85 % du volume total.

Le gouverneur André Wameso a présenté ces données le 28 avril. Il a indiqué que les dépôts bancaires n’ont augmenté que de 1,5 milliard de dollars. Cette situation soulève des interrogations sur la traçabilité des flux financiers.

Lors d’une interview le 18 avril, Wameso avait déjà évoqué ce problème. Une partie du cash importé des États-Unis alimenterait des circuits de blanchiment. Il a mentionné le financement du terrorisme comme autre utilisation possible.

La rébellion active dans l’Est du pays paierait ses troupes en dollars. Pourtant, cette entité ne peut pas importer elle-même des billets. Le gouverneur a souligné ce paradoxe.

Le Comité de politique monétaire de la BCC a réagi le 9 avril. Il a réservé à la banque centrale l’exclusivité de l’importation de billets étrangers. Une interdiction des transactions en espèces en devises entrera en vigueur le 9 avril 2027.

André Wameso a aussi mis en garde contre les risques pour le système financier. Plusieurs dirigeants rebelles sont sous le coup de sanctions américaines. La RDC pourrait être accusée de laisser circuler des dollars au profit de personnes sanctionnées. Cela pourrait entraîner des restrictions d’accès au système financier en dollars.

« Toutes ces mesures sont donc aussi prises pour aider notre pays à respecter les sanctions américaines… », a déclaré le gouverneur. Il a affirmé que le gouvernement américain soutient ces décisions à 100 %.

Les États-Unis utilisent les sanctions comme un levier. Ils cherchent à garantir leur accès aux minerais critiques dans l’Est de la RDC. En août 2025, John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor, avait prévenu que des mesures seraient prises contre les groupes entravant l’accès aux minerais essentiels à la défense nationale. Moins d’un an plus tard, Washington a sanctionné l’ex-président Joseph Kabila.

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