Préjugés coloniaux et lecture occidentale du Sahel

Les dirigeants occidentaux peinent à analyser les transformations géopolitiques au Sahel. Cette difficulté trouve son origine dans des représentations héritées de la colonisation. Ces schémas de pensée persistent dans les mentalités européennes depuis des générations. Ils faussent la compréhension des dynamiques actuelles dans la région.

Depuis une dizaine d’années, la situation dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) désoriente les responsables français et leurs alliés. Leurs médias diffusent des déclarations incohérentes. Certains évoquent même une nécessité de recolonisation pour accéder aux ressources naturelles. Ces positions révèlent une vision figée depuis la conférence de Berlin. Le partage du continent africain entre puissances européennes reste leur référence implicite.

Incapables d’admettre que les Africains agissent par eux-mêmes, ces experts accusent la Russie. Ils croient que Moscou les a chassés des pays de l’AES. Cette lecture ignore la capacité d’initiative des peuples sahéliens. De nombreux Africains s’étonnent de cette cécité répétée.

L’explication réside dans le conditionnement social et éducatif. L’image de l’Africain véhiculée en Europe reste celle d’un être inférieur. Or ces populations vivent sur un sous-sol très riche. Les Européens ont besoin de ces ressources. Le réflexe colonial resurgit alors, même au XXIe siècle. Les préjugés empêchent toute appréciation objective de la situation politique.

Le fonctionnement du cerveau humain éclaire ce phénomène. L’esprit conscient analyse et décide. Il devient actif vers l’âge de sept ans. L’esprit inconscient, lui, fonctionne dès la naissance. Il stocke automatiquement les perceptions de l’environnement. Il contrôle plus de 95% de l’activité humaine. Le subconscient transforme les informations reçues en programmes. Ces programmes s’activent automatiquement dans les contextes appropriés.

Plusieurs acteurs programment le subconscient : la famille, l’école, la religion, les médias, les proches, la rue, et l’esprit conscient lui-même. Ces éléments façonnent la personnalité. Un État qui ne contrôle pas l’école, les religions et les médias perd sa souveraineté réelle. C’est le cas de nombreux États africains. Les médias français, comme RFI, jouent un rôle crucial dans cette programmation par les mots et les images répétés.

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