À l’hôpital Schiphra de Ouagadougou, le traitement du pied bot commence par des paroles. Avant d’utiliser le scalpel, les médecins parlent aux parents. Une équipe spécialisée déconstruit les peurs liées à cette malformation congénitale. Les mères et les pères comprennent que l’infirmité de leur enfant n’est pas une fatalité. La patience et l’écoute sont essentielles dans ce processus.
Dans une petite salle, des familles écoutent un homme qui tient un album de sensibilisation. Il explique le protocole Ponseti avec des images pédagogiques. Les 6 à 8 moulages successifs ne blesseront pas le bébé, dit-il. Le plâtre va des orteils à l’aine. L’objectif est de réduire l’angoisse des parents face au traitement. Les visages sont concentrés. Quelques pères sont présents, mais les mères sont majoritaires.
Le Dr Fayçal Oubda, manager du programme pied bot, insiste sur l’importance de la parole. Le pied bot n’est ni une malédiction ni une fatalité, explique-t-il. Dans de nombreuses familles, cette malformation suscite des questionnements douloureux. Certains y voient une punition. D’autres une anomalie inexplicable. Le discours médical se fait accessible, souvent en langue locale. Il rassure et engage les parents.
Une mère demande si le plâtre fera mal à son bébé. L’équipe répond que le processus est progressif et que la douleur est maîtrisée. Un autre parent s’interroge sur la durée du traitement. La réponse n’est pas immédiate, car elle exige patience et régularité. Les visages se rassurent peu à peu. Une adhésion commence à naître.
Kiswendsida Florence Koala est une habituée des lieux. Sa fille Océane, aujourd’hui âgée d’environ cinq ans, marche et court. Florence a appris le diagnostic après l’accouchement. Sa belle-mère a remarqué les pieds tordus du nouveau-né. Son mari lui a conseillé de masser avec du beurre de karité. Ce geste familier a retardé la prise en charge. Un visiteur, le frère de son mari, a reconnu la pathologie. Il a su où la soigner. Florence a dû convaincre son mari pour se rendre à l’hôpital. Finalement, le petit frère de son mari l’a accompagnée.
Grâce aux efforts de Florence et à l’équipe de l’ONG Hope Walks, Océane se tient debout sans effort. Le traitement a duré des années. La guérison est possible avec de la patience et des soins adaptés.






