Paludisme : le Bénin lance un rapport pour l’espace francophone

Le 25 avril, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a eu lieu au Bénin. Le thème retenu était : « Mettre fin au paludisme : Nous le pouvons. Nous le devons ». Pendant trois jours, des décideurs, des partenaires techniques et des acteurs de la société civile se sont réunis à Cotonou. L’objectif était d’accélérer l’élimination de la maladie en Afrique francophone.

Le ministre de la Santé du Bénin, le professeur Benjamin Hounkpatin, a présenté le rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone ». Ce document révèle une situation grave. Les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme. Pourtant, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie. Le rapport appelle à une action collective renforcée. Il insiste sur le financement domestique et international, l’innovation et l’engagement du secteur privé.

Le professeur Hounkpatin a déclaré :

« Le rapport sur le paludisme dans l’espace francophone met en lumière une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : notre région est en première ligne. Mais il démontre également que des progrès sont possibles lorsque le leadership politique, le financement et la mobilisation collective sont au rendez-vous. Le Bénin est déterminé à poursuivre ses efforts et à porter cette ambition au niveau régional et international. »

Le Bénin a déjà obtenu des résultats concrets. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget national pour lutter contre le paludisme. Cette augmentation des ressources a permis de réduire le fardeau de la maladie. L’approche adoptée est multisectorielle. Elle associe le gouvernement, les parlementaires, la société civile et le secteur privé.

L’organisation Speak Up Africa a joué un rôle important dans la mobilisation. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a expliqué :

« À travers cette Journée mondiale de lutte contre le paludisme, nous avons voulu transformer un moment de sensibilisation en un véritable catalyseur d’action. Le rapport que nous lançons aujourd’hui est un appel clair : nous devons agir maintenant, collectivement, pour protéger les vies et financer un avenir sans paludisme. »

Les activités ont inclus un Media Day, un atelier de storytelling et un tournoi de basketball 3×3. Ces événements visaient à mobiliser les jeunes et les communautés. Khalilou Fadiga, ancien international sénégalais et co-capitaine du Zéro Palu Football Club, a souligné le rôle du sport. Il a déclaré :

« Le paludisme est une réalité que des millions de familles vivent au quotidien. En tant qu’ancien sportif, mais surtout en tant qu’africain, je suis persuadé que nous avons tous un rôle à jouer. À travers le sport et la mobilisation des jeunes, nous pouvons sensibiliser, engager et faire bouger les lignes. »

Dr Michael Charles, CEO du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, a insisté sur l’urgence d’agir. Il a affirmé :

« Le Big Push contre le paludisme est un appel à accélérer l’action, renforcer la coordination et protéger les acquis. Le Bénin montre la voie avec un engagement politique fort et des résultats concrets. Nous devons maintenant amplifier ces efforts à l’échelle régionale pour maintenir l’élimination du paludisme au cœur des priorités de développement. »

Les messages venus de Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone. Le financement mondial de la lutte contre le paludisme connaît un déficit croissant. Il devient urgent de renforcer la souveraineté sanitaire et de maintenir la solidarité internationale. Impliquer le secteur privé et placer les femmes, les jeunes et les communautés au centre des stratégies est essentiel. Le Bénin souhaite être un acteur moteur du plaidoyer francophone. L’objectif est de faire adopter une résolution ambitieuse sur le paludisme lors du prochain Sommet de la Francophonie en novembre 2026.

Précédent

Investisseurs italiens et italo-burkinabè reçus par le Premier ministre

Suivant

Cancer : un diagnostic progressif pour mieux vivre avec la maladie