L’Ouganda prépare une émission de sukuk souverain. Cette opération vise à financer en partie la construction d’une voie ferrée. Le chemin de fer à écartement standard (SGR) reliera Kampala à la frontière kényane.
Le ministère ougandais des Finances a annoncé cette décision le 12 mai. L’émission d’obligations islamiques couvrira 15 % du coût total. Ce projet ferroviaire est estimé à 2,7 milliards d’euros (3,16 milliards de dollars).
Le reste du financement proviendra de plusieurs sources. Les agences de crédit à l’exportation apporteront 60 % des fonds. Les institutions de développement financeront 25 % du projet.
Patrick Ocailap, secrétaire adjoint au Trésor, mène une tournée de promotion. Il se rend au Kenya et en Tanzanie pour attirer les investisseurs. La date de l’émission sera communiquée ultérieurement.
« L’objectif de ce roadshow était de sonder le marché, de déterminer le prix et de nouer des relations avec les investisseurs afin d’assurer le succès de l’opération », a déclaré M. Ocailap.
La délégation comprend des représentants de Yusra Sukuk, arrangeur principal. Stanbic Bank agit comme teneur de livres. La Banque centrale ougandaise participe aussi à la tournée.
Le contrat initial pour ce chemin de fer avait été attribué en 2015. La China Harbour Engineering Company (CHEC) devait construire la ligne. L’accord prévoyait un financement par Pékin.
Face à la lenteur du processus, le gouvernement ougandais a annulé le contrat en janvier 2023. Un nouvel accord a été signé en octobre 2024 avec le groupe turc Yapi Merkezi. Cette entreprise de BTP construira la voie entre Kampala et Malaba.
Malaba se situe à la frontière avec le Kenya. Le projet permettra à l’Ouganda, pays enclavé, de rejoindre le réseau ferroviaire kényan. La ligne aboutira au port de Mombasa sur l’océan Indien.
En mars dernier, le président kényan William Ruto a posé la première pierre d’une nouvelle phase. Ce tronçon reliera Naivasha à Kisumu. La phase suivante prolongera la ligne jusqu’à la frontière ougandaise.
Depuis 2019, le SGR kényan relie Mombasa à Nairobi, puis à Naivasha. À long terme, le Kenya et l’Ouganda espèrent étendre la ligne. Le Rwanda, le Soudan du Sud et la RDC pourraient être connectés. Cette interconnexion régionale stimulerait le commerce en Afrique de l’Est et centrale.






