Nouveau gouvernement sénégalais sans Pastef : tensions internes

Le Sénégal a un nouveau gouvernement depuis lundi soir. Ahmadou Al Aminou Lô dirige cette équipe de 26 membres. Cette annonce suit l’éviction d’Ousmane Sonko du poste de Premier ministre. Le président Bassirou Diomaye Faye a choisi des technocrates pour répondre aux urgences économiques et sociales.

Cette décision cache des tensions politiques. Le parti Pastef avait annoncé ne pas participer au gouvernement. Pourtant, plusieurs cadres du parti figurent dans l’Exécutif. Cette contradiction révèle des dissensions internes. La rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko n’est pas totale. Mais les divergences sont assez profondes pour envisager une scission.

Deux camps pourraient émerger. Un Pastef institutionnel autour du président. Un Pastef militant fidèle à Sonko. Cette dualité inquiète. La coexistence de deux centres de légitimité risque de provoquer des turbulences. Un projet politique ne prospère pas avec une compétition permanente pour le leadership.

Le paradoxe est frappant. Diomaye Faye, Sonko et le Pastef ont tout à perdre dans une escalade. Une confrontation ouverte fragiliserait l’édifice politique construit après des années de lutte. Les dynamiques actuelles poussent pourtant vers une rivalité difficile à contenir.

L’horizon de 2029 apparaît déjà. Si Diomaye Faye vise un second mandat, il pourrait utiliser des leviers institutionnels. La dissolution de l’Assemblée nationale est une hypothèse spéculative. Mais elle n’est pas exclue dans ce contexte de recomposition.

L’équipe gouvernementale a des atouts. Plusieurs personnalités compétentes et expérimentées y figurent. Ahmadou Al Aminou Lô inspire confiance. Mais la politique ne repose pas seulement sur des talents individuels. Elle demande une cohérence collective et une vision commune.

Les défis du Sénégal sont immenses. La dette publique exige des réponses rapides. Le coût de la vie pèse sur les ménages. Les attentes sociales restent fortes après l’alternance de 2024. Les Sénégalais jugeront ce gouvernement sur ses résultats. Sa capacité à améliorer les conditions de vie sera le seul critère de réussite.

Le test commence maintenant. L’Exécutif doit surmonter ses contradictions internes. Il doit aussi affronter une Assemblée nationale aux rapports tendus. L’avenir du quinquennat dépend de sa capacité à éviter la dualité du pouvoir. Les Sénégalais ont voté pour un projet de rupture et de transformation. Ils n’ont pas voté pour une guerre de succession.

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