Niger : nouveaux délits sexuels et dissolution de neuf agences d’État

Le Niger a promulgué un nouveau code pénal le 11 juin 2026. Ce texte durcit les sanctions contre les relations homosexuelles. Les peines peuvent atteindre vingt ans de prison. L’amende peut monter à cent millions de francs CFA.

Le code pénal réprime plusieurs actes précis. Toute personne commettant un acte impudique avec une personne de même sexe encourt cinq à dix ans de prison. La tentative est également punie. L’amende peut atteindre cent millions de francs CFA.

Le texte vise aussi le changement artificiel de sexe. Quiconque change ou tente de changer son sexe de naissance est puni. Le mariage entre personnes de même sexe est interdit. La peine est de dix à vingt ans de prison.

Les personnes qui gèrent ou financent des associations liées à l’homosexualité sont aussi sanctionnées. La même peine s’applique à elles. Les clubs et organisations LGBTQIA+ sont visés.

« Toute personne qui commet ou tente de commettre un acte impudique ou contre nature, ou qui entretient ou tente d’entretenir des relations sexuelles avec une personne de même sexe, est punie d’un emprisonnement de cinq ans à moins de dix ans », indique le code pénal.

Le gouvernement nigérien avait déjà exprimé son opposition aux pratiques LGBT. En octobre 2023, le ministre de l’Éducation nationale avait dénoncé des tentatives subversives. Il accusait certains pays d’accorder des visas à des jeunes Nigériens pour des rencontres pro-LGBT. Le pouvoir s’était engagé à défendre les valeurs et traditions nigériennes.

Avec cette loi, le Niger rejoint d’autres pays de la région. Le Burkina Faso, le Ghana et le Sénégal ont aussi durci leur législation contre les personnes LGBT.

Quelques jours avant la promulgation du code pénal, le pouvoir a dissous neuf organismes d’État. Le décret a été pris le 8 juin 2026. Les structures supprimées dépendent de la présidence, du cabinet du Premier ministre et du Secrétariat général du gouvernement.

Les organismes dissous sont le Centre national d’études stratégiques et de sécurité (CNESS), le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN), l’Agence de modernisation des villes du Niger (AMV-Niger), la Haute Autorité du Waqf, l’Inspection générale de la gouvernance administrative (IGGA), le Haut-Commissariat à la modernisation de l’État (HCME), l’Autorité de régulation du secteur de l’eau (ARSEau), l’Autorité de régulation du secteur des transports (ARST) et la Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP).

Les missions de ces entités ne disparaissent pas. Elles sont transférées aux ministères concernés. Les fonctionnaires détachés sont réintégrés dans leur administration d’origine. Les contrats des agents auxiliaires sont rompus selon le Code du travail.

« Les autorités mettent un terme aux fonctions des présidents, directeurs généraux, membres des conseils d’administration et autres responsables des structures concernées dès l’entrée en vigueur du décret », précise journalduniger.com.

Le patrimoine des organismes dissous est transféré au ministère de l’Économie et des Finances. Ce ministère réaffecte les biens aux administrations qui reprennent les missions. Cette réforme vise à recentrer les compétences et à éviter les chevauchements institutionnels. Elle doit optimiser l’utilisation des ressources de l’État.

Précédent

Bamako et Nouakchott renforcent leur coopération militaire

Suivant

Coupe du Monde 2026 : l’Égypte mène face à la Belgique à la mi-temps