Niger : conférence nationale sur la souveraineté alimentaire

Le Centre International de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey a accueilli, le 4 juillet 2026, une conférence nationale sur la capacité du Niger à nourrir sa population sans dépendre de l’extérieur. Le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, a présidé la cérémonie. Il portait la vision du Président Abdourahamane Tiani, pour qui l’autosuffisance alimentaire est une priorité. Plus de 80% des Nigériens vivent du monde rural. La conférence, organisée par le Cercle Indépendant de Réflexion et d’Actions Citoyennes (CIRAC), s’est déroulée jusqu’au 5 juillet.

Dans son discours, le Ministre Ousmane a déclaré que cette quête d’autonomie dépasse le domaine agricole. Elle relève d’une exigence de sécurité nationale. Elle est un facteur de stabilité sociale et un levier de dignité collective. Il y voit une responsabilité historique : bâtir un Niger capable de nourrir durablement sa population. Cela réduirait sa dépendance aux marchés extérieurs. Il a posé des questions incontournables : comment accroître la production face aux changements climatiques ? Comment rendre l’agriculture attractive pour les jeunes et les femmes ? Comment sécuriser l’accès aux semences, aux engrais et au financement ?

Le Ministre a appelé à une union sacrée autour d’un pacte national. Ce pacte repose sur la maîtrise de l’eau, la mécanisation adaptée, une politique semencière souveraine, la sécurisation foncière et la digitalisation des services agricoles. Le Docteur Diata Joachim, Président par intérim du CIRAC, a relayé ce plaidoyer. Il a souligné le déséquilibre entre le poids économique du monde rural (près de 40% du PIB) et la part des ressources budgétaires qui lui est consacrée (entre 10 et 15%).

Les deux orateurs ont partagé une conviction : le Niger dispose des atouts nécessaires pour relever ce défi. Ces atouts incluent des terres aménageables et des savoir-faire agricoles et pastoraux. Cette ambition ne pourra se concrétiser sans la mobilisation conjointe de l’État, des chercheurs, des paysans, des entrepreneurs et de la société civile. C’est à cette condition que la souveraineté des champs pourra devenir le socle de la souveraineté nationale.

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