Le gouvernement nigérien a annulé lundi 18 mai une concession minière à Arlit. Ce titre minier datait de janvier 1968. Il avait été octroyé au Commissariat à l’énergie atomique, ancêtre d’Orano. La décision a été prise en Conseil des ministres.
Niamey justifie cette annulation par un non-paiement de redevance. Orano n’aurait pas réglé une taxe superficiaire sur une partie du périmètre. Un état de liquidation a été transmis le 14 avril 2025. Une mise en demeure a suivi le 25 septembre 2025. Le délai de six mois prévu par la loi minière est désormais écoulé.
Selon le compte-rendu officiel diffusé à la télévision nationale,
« l’État du Niger est fondé à annuler cette concession »
. Les terrains concernés sont
« libérés de tous droits »
. Les autorités ajoutent qu’Orano reste redevable d’obligations fiscales et environnementales.
Cette annulation s’ajoute à une série de mesures contre le groupe français. En juin 2024, le permis d’exploitation du gisement d’Imouraren a été retiré. En juin 2025, la Somaïr, filiale d’Orano, a été nationalisée. Cette mine était la seule encore active au Niger.
Les autorités nigériennes affirment vouloir reprendre le contrôle d’une ressource stratégique. Elles accusent l’ancien partenaire français d’avoir tiré un profit excessif. Orano conteste ces accusations. Le groupe a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.
Orano a déjà obtenu des mesures conservatoires dans le dossier Somaïr. Ces mesures bloquent juridiquement la vente d’un stock de 1000 tonnes d’uranium annoncée par Niamey.
Le Conseil des ministres a également créé une nouvelle société. La Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA) remplace la Société des Mines de l’Aïr nationalisée. Le nom Teloua renvoie à une nappe aquifère souterraine. Cette nappe alimentait les infrastructures de la mine COMINAK. Orano a exploité ce site de 1978 à 2021. Le groupe français est accusé d’impacts graves sur les sols, les eaux et la biodiversité autour d’Arlit.
Le Niger poursuit ainsi sa reprise en main du secteur de l’uranium. Le différend avec Orano reste entier et fait l’objet d’une procédure arbitrale internationale.






