Le 15 mai 2026, la province du Nayala a célébré la 3ᵉ édition de la Journée des coutumes et traditions. Les autorités administratives, coutumières, religieuses et militaires se sont rassemblées à Kissan, dans la commune de Toma. Des prières, des sacrifices rituels et des appels à la cohésion sociale ont marqué l’événement. La cérémonie s’est déroulée sur la tombe de la patriarche « Niantoundan », mère des fondateurs de Yaba, Bounou et Kisson (Kissan). Des animaux ont été immolés lors des sacrifices rituels, en présence des prêtres, des autorités et des représentants des chefs de cantons de Yaba, Yé, Goungny et Toma.
Après les sacrifices, le chef de Kissan, le Douty Lawamagô Somozéna, a exprimé sa satisfaction face à la forte mobilisation. Il a remercié le haut-commissaire Frédéric Honoré Paré d’avoir choisi Kissan pour cette célébration. Le Douty a rappelé que le 15 mai, institué par le gouvernement, rend hommage aux ancêtres et valorise les traditions.
« C’est une occasion de renforcer la laïcité dans notre pays », a-t-il ajouté.
Il a appelé au vivre-ensemble, à la tolérance et à la paix dans le Nayala et au Burkina Faso.
« Que les mânes de nos ancêtres acceptent et bénissent nos sacrifices », a-t-il prié.
Le haut-commissaire Frédéric Honoré Paré a souligné que cette journée, décidée lors du Conseil des ministres du 6 mars 2024, n’est pas simplement symbolique.
« Elle vise à réaffirmer la laïcité de l’État, à reconnaître notre identité profonde et à permettre à la religion traditionnelle de retrouver sa place », a-t-il indiqué.
Il a précisé que cette fête est désormais inscrite parmi les fêtes légales et les événements historiques du pays. Le gouvernement entend offrir aux adeptes de la religion traditionnelle un espace de promotion des valeurs ancestrales, favoriser la communion fraternelle, promouvoir la tolérance et réaffirmer le caractère laïque de l’État.
« Le ton a été donné par l’institution de cette journée. Il appartient aux adeptes de la religion traditionnelle de lui donner un contenu », a-t-il conclu, en félicitant les organisateurs.
Avant Kissan, la ville de Toma a aussi célébré la tradition. La cérémonie s’est tenue au rond-point Joseph Ki-Zerbo. Les garants des traditions de Toma ont immolé des animaux pour la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Des poulets, des moutons et des chèvres ont été sacrifiés pour protéger les Forces combattantes et préserver la ville du terrorisme.
« Au départ, nous avons demandé la paix, la cohésion sociale et la bonne gouvernance. Ensuite, nous avons sollicité l’accompagnement de nos ancêtres pour venir à bout du terrorisme », a déclaré le représentant du chef de Toma, Rémy Ki.
Le haut-commissaire a salué l’engagement des chefs traditionnels en faveur de la paix.
« À l’occasion de cette journée, nous lançons un message de cohésion sociale, de bon vivre-ensemble et d’unité pour surmonter la situation difficile », a-t-il déclaré.






