Un colloque international s’est tenu à Ouagadougou du 16 au 18 avril 2026. L’Institut théologique Anselmianum de l’Afrique de l’Ouest l’a organisé. Le thème portait sur Mgr Anselme Titianma Sanon. Il était présenté comme pasteur et prophète. Son héritage reste un chantier ouvert. Les échanges ont été marqués par plusieurs communications. Le Dr Ab Alfred Bonkoungou et le Dr Ab Albert T. Kaboré sont intervenus. Leur analyse montre une pensée vivante. Elle apparaît comme une méthode plus qu’une théorie. Cette méthode fait passer la foi du langage appris au vécu. Elle assume les cultures africaines comme lieu théologique.
Le panel IV était modéré par Sr Michèle Marie Kando. Une question implicite l’a ouvert. Elle interrogeait l’actualité de l’intuition de Mgr Sanon. Des religieux et des chercheurs assistaient à la rencontre. Des catéchistes étaient aussi présents. Une attente commune semblait les animer. Ils voulaient comprendre comment cette pensée répond aux défis actuels. Le Dr Ab Alfred Bonkoungou a pris la parole en premier.
Nous ne sommes pas ici pour répéter Sanon, mais pour voir ce qu’il nous oblige à faire aujourd’hui.
Il a ensuite développé son propos.
Mgr Anselme Sanon est, sans exagération, une grande figure historique et théologique de l’inculturation. Mais plus encore, il est une matrice de pensée.
Le Dr Bonkoungou a choisi ce mot avec soin. Il a replacé Mgr Sanon dans son contexte historique. L’évêque a été ordonné en 1962. Cette date précède le Concile Vatican II. Il appartient à une génération particulière. Cette génération a reçu une parole importante. L’Église doit parler à tous les peuples. Elle doit le faire à partir d’eux. Le pape Paul VI s’est exprimé à Kampala.
Vous êtes désormais vos propres missionnaires.
Mgr Sanon a pris cette parole au sérieux. Il ne l’a pas simplement commentée. Il l’a travaillée avec application.
Sa force fut de comprendre un problème théologique. L’inculturation n’est pas une technique d’adaptation. C’est une question de vérité. L’Évangile doit être universel sans être uniforme. Cette tension traverse toute son œuvre. Elle constitue sa modernité. La foi ne se donne jamais à l’état pur. Elle passe par des langues et des rites. Elle utilise des symboles et des mémoires.
Autrement dit, il n’y a pas de christianisme abstrait. Il y a toujours une foi située.
Cette affirmation produit un basculement. Elle oblige à repenser la mission. L’Afrique ne peut plus être un simple réceptacle. Mgr Sanon a refusé deux pièges. Il ne voulait pas imiter l’Occident. Il ne voulait pas absolutiser la culture africaine. Il a cherché une troisième voie. Le théologien la qualifie de rencontre.
La rencontre suppose une conversion réciproque. Ce n’est pas seulement l’Africain qui change. C’est aussi la manière de dire la foi qui se transforme.
Le concept d’Église-Famille de Dieu est un autre pilier. Chez Mgr Sanon, ce concept est radical. La foi ne crée pas seulement des croyants. Elle forme une communauté vivante. La conversion n’est jamais uniquement individuelle. Elle est communautaire. Elle transforme les relations et les appartenances. Ce point est important pour l’Afrique. Les sociétés y sont structurées par le lien. Une foi purement individuelle resterait étrangère. Cette ouverture exige un discernement constant. La question des ancêtres est un terrain sensible. Mgr Sanon a fait une distinction claire. L’ancestralité est une donnée anthropologique. L’ancestralisme pose un problème théologique.
L’Évangile assume, mais il purifie. Il accomplit, mais il ne se laisse pas absorber.
Toute la fécondité de l’inculturation se joue dans cette tension.
Le Dr Bonkoungou a convoqué deux figures traditionnelles. Saint-Augustin et Saint-Grégoire le Grand l’ont éclairé. Mgr Sanon est augustinien dans son discernement. Il reconnaît les semences de vérité dans les cultures. Il est grégorien dans sa méthode. Il transforme sans détruire. Sa théologie exprime une maturité théologique africaine. Le Dr Ab Albert T. Kaboré a aussi pris la parole. Il a dressé un aperçu de la vie de Mgr Sanon. Il s’est penché sur la catéchèse inculturée.
La question aujourd’hui n’est plus seulement : que croire ? Mais comment faire croire, comment faire vivre ce que l’on croit ?
Le cœur de son intervention repose sur une distinction. Il a différencié le catéchisme de la catéchèse.
La catéchèse inculturée, ce n’est pas décorer la foi avec des éléments africains.
Il a poursuivi son analyse sur ce point fondamental.






