Médecine traditionnelle au Burkina : défis d’approvisionnement et quête de reconnaissance

Le samedi 4 juillet 2026, la Fédération nationale sans frontières des tradipraticiens et herboristes du Burkina Faso a organisé une conférence à Ouagadougou. Une session de formation a suivi cette rencontre. Plusieurs acteurs du secteur ont partagé leurs perceptions avec le journal Lefaso.net.

Ils ont évoqué les pathologies les plus courantes dans leur pratique. Les difficultés rencontrées et leurs attentes ont également été abordées. Ces tradipraticiens demandent un meilleur soutien des pouvoirs publics. Ils souhaitent moderniser et renforcer leur activité.

Pascal Nadembega était ancien directeur de la médecine traditionnelle. Selon lui, cette médecine est un héritage ancestral. Elle a inspiré de nombreuses connaissances de la médecine moderne. Les maladies les plus fréquentes sont le paludisme, les hémorroïdes, les hépatites. La stérilité féminine et masculine est aussi souvent traitée. Le diabète, l’hypertension artérielle et l’arthrose figurent parmi les pathologies courantes.

Il observe une baisse des cas de diarrhée chez les enfants. Les maladies respiratoires infantiles diminuent également. Il attribue cette évolution à l’amélioration des conditions d’hygiène. Les tradipraticiens font face à une raréfaction des plantes médicinales. L’insécurité et la dégradation de l’environnement compliquent l’approvisionnement. Les consommateurs exigent désormais des produits mieux conditionnés.

Il souhaite que la formation améliore les pratiques d’emballage. Les stratégies d’approvisionnement en matières premières doivent aussi progresser. Il appelle l’État à soutenir le secteur via le Fonds d’appui. Ce fonds faciliterait l’acquisition d’équipements adaptés.

Laafi Naaba N° 2 partage ce point de vue. Il affirme que les Burkinabè utilisent largement la médecine traditionnelle.

« Les plantes médicinales ne mentent pas », déclare-t-il.

Dans sa pratique, il traite l’hépatite B, le cancer, la colopathie. Les hémorroïdes et certaines affections nerveuses sont aussi fréquentes.

Il évoque des « maladies missiles ». Ces affections sont difficilement détectables par la médecine moderne. Il reconnaît que la médecine traditionnelle ne soigne pas tout. Certaines maladies sont mieux prises en charge par la médecine moderne. Les difficultés du secteur sont liées aux préjugés. Certains assimilent encore les tradipraticiens à des féticheurs. Pourtant, ils utilisent des plantes, des racines, des écorces. Des feuilles et des produits d’origine animale sont aussi employés.

Il espère que la formation renforcera les connaissances sur les plantes. Il salue l’implication des services des Eaux et Forêts. Cette collaboration est essentielle pour préserver les ressources végétales. Il invite les tradipraticiens à exercer leur métier avec honneur et intégrité.

Naba Bolbo est tradipraticien venu de Yako. Il s’est réjoui de l’organisation de cette formation.

« Tout le monde revient aux sources », estime-t-il.

Il prend en charge le diabète, l’insuffisance rénale et les hémorroïdes. Il déplore la raréfaction des plantes médicinales et des racines. Il doit parcourir de longues distances pour s’approvisionner. Il se rend jusqu’à Sapouy ou Léo. Il attribue cette situation à la vente des parcelles. La coupe abusive du bois vert aggrave le problème.

Il évoque aussi le manque de matériel. La complexité de certains cas est un autre défi. Plusieurs patients souffrent simultanément de différentes pathologies.

« Souvent, on ne finit pas de soigner la première maladie que la seconde se déclenche », souligne-t-il.

Il lance un appel aux autorités pour un meilleur accompagnement. Des équipements supplémentaires sont nécessaires.

Ces témoignages montrent l’intérêt des Burkinabè pour la médecine traditionnelle. Les acteurs soulignent plusieurs défis. La raréfaction des matières premières est préoccupante. Le manque d’équipements et les préjugés persistent. Ils saluent la tenue de cette formation. Ils réitèrent leur appel en faveur d’un soutien public accru.

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