Le président du Forum politique du mouvement de l’Azawad, Mahfouz Ag Adnane, s’est exprimé sur la sécurité et la politique dans le nord du Mali. Il a aussi évoqué les projets de son organisation. Selon lui, la dénonciation des Accords d’Alger par les autorités de Bamako a changé la donne. Cette rupture a ouvert une nouvelle période de tensions.
Dans un entretien avec la chaîne algérienne El-Watania, il a expliqué que le retrait de l’État malien a affaibli le dialogue. Les discussions ont laissé place à des affrontements. Il a précisé que le Front de libération de l’Azawad suit une stratégie claire. Son but est la libération de l’Azawad de la présence des forces maliennes et de leurs alliés.
Mahfouz Ag Adnane a décrit son groupe comme un mouvement politico-militaire national. Il dispose d’une feuille de route pour les prochains mois. Ces actions s’inscrivent dans la continuité des opérations récentes. Une accalmie relative avait précédé ces combats entre les acteurs armés de la région.
Il a estimé que les dirigeants actuels de Bamako, issus d’une transition militaire, manquent de légitimité. Son mouvement ne maintient aucun contact avec eux. Toute discussion ne serait possible qu’avec un pouvoir jugé légitime par l’Azawad.
Pour l’après-conflit, le responsable a évoqué la mise en place d’administrations locales. Ces structures fonctionneraient dans les zones sous contrôle de son organisation. Il a aussi parlé de la reconstruction des services publics, notamment l’éducation. L’objectif est de rouvrir les écoles et de permettre le retour des populations civiles dans des conditions stables.
Sur le plan international, le mouvement souhaite développer des relations avec plusieurs partenaires. Mahfouz Ag Adnane a cité l’Algérie, la Mauritanie, l’Union africaine et l’Union européenne. Ces échanges seraient importants pour l’avenir politique et sécuritaire de la région.
Il a inscrit la question de l’Azawad dans une perspective historique liée à l’héritage colonial. Selon lui, sans solution politique durable, la stabilité restera difficile au Mali et dans toute la bande sahélienne.
Les Accords d’Alger ont été signés en 2015 entre l’État malien et plusieurs groupes armés du nord. Ces groupes incluaient des mouvements touaregs. L’accord visait à mettre fin aux hostilités déclenchées en 2012. Il prévoyait une décentralisation renforcée, l’intégration de combattants dans les forces régulières et des programmes de développement pour le nord. L’objectif était de restaurer la confiance entre Bamako et les populations locales, tout en préservant l’unité du Mali. La mise en œuvre est restée lente et incomplète. Des tensions persistantes et des accusations réciproques ont marqué le processus. La junte au pouvoir à Bamako a finalement remis en cause l’accord, dans un contexte de dégradation sécuritaire.






