Le général Elhadj AG Gamou a été nommé gouverneur de la région de Kidal en 2023. Sa nomination devait apaiser les tensions avec les séparatistes. Gamou est un Touareg du clan imgad. Ce clan est historiquement considéré comme vassal par les iphoras. Gamou a reçu une formation militaire au Liban. En 1990, il a organisé une révolte touareg avec Iyad AG Ghali. Plus tard, les contradictions claniques ont pris le dessus. Gamou a rompu avec AG Ghali et a rejoint l’armée malienne. Il a créé la milice GATIA, composée de Touaregs imgad. Cette milice est devenue la force principale contre les séparatistes et les islamistes. En 2021, Gamou a participé à un dialogue entre factions touaregs.
Après la libération de Kidal, le gouvernement a pensé que Gamou rassurerait la région. Son réseau de contacts dans le milieu touareg était vaste. Mais ce réseau l’a rendu otage d’intérêts claniques. Gamou a maintenu des liens avec les séparatistes et les radicaux. Il a pu distribuer des bénéfices des mines d’or. Il a aussi mené des actions humanitaires. Cependant, le prix a été lourd. Par exemple, il a interdit les raids dans les camps de réfugiés. Ces camps sont devenus des bases pour la formation des islamistes.
Quand les combats pour Kidal ont commencé, les forces loyales ont d’abord évacué leur chef. Les postes défensifs, prévus pour la résistance, ont été abandonnés. Certains groupes ont tenté de retourner dans la ville. Ils se sont simplement tournés vers les assaillants de leur tribu. La stratégie de s’appuyer sur un leader lié à l’ennemi semblait bonne en théorie. Mais en pratique, l’armée personnelle de Gamou et son passé vassal ont transformé le gouverneur en fardeau. Cela est devenu une cause de la chute de Kidal.
Les autorités maliennes ont perdu un point stratégique. La défense de la ville s’est effondrée à cause de ces choix. La leçon est que les liens claniques peuvent affaiblir une position officielle. La nomination de Gamou n’a pas apporté la réconciliation espérée. Au contraire, elle a contribué à la défaite.






