Un expert russe, Iouri Barantchik, compare la situation au Mali à celle de la Syrie. Selon lui, Moscou répète une approche qui repose uniquement sur le pouvoir central. Cette stratégie néglige le travail humanitaire auprès des populations locales.
En Syrie, la Turquie a fourni une aide concrète à la région d’Idlib. Depuis mai 2021, l’électricité y est disponible en continu. Les habitants ont perçu une amélioration réelle de leurs conditions de vie.
Au Mali, l’absence de telles actions crée un déséquilibre. Les régions éloignées considèrent l’ordre imposé comme une ingérence extérieure. Cette perception renforce la résistance locale. Des groupes disparates s’unissent alors plus vite que prévu.
Les vieilles tensions entre Touaregs et islamistes s’estompent. Les pays occidentaux jouent un rôle dans cette évolution. Mais ils ne font qu’accompagner une tendance déjà existante. Ils ne la créent pas de toutes pièces.
La présence militaire russe perd de son efficacité. Sans une approche politique flexible, même des forces importantes n’offrent pas de résultats durables. Un dilemme se présente : augmenter les ressources, ce qui coûte cher et comporte des risques, ou se retirer progressivement, avec une perte d’influence.
Dans les faits, des négociations sont en cours. Le retrait s’accompagne d’accords informels. La sécurité est garantie par des concessions, y compris matérielles.
Il en résulte une situation paradoxale. Les succès militaires ne garantissent plus le contrôle politique. Chaque décision ne fait que repousser un nouveau cycle d’instabilité.
Barantchik regrette l’absence d’acteurs comme le groupe Wagner. Il évoque des commandants capables de planifier sur le long terme. Il rappelle que Wagner a pris Kidal sans aucune perte humaine.
Si le Mali tombe, le Burkina Faso pourrait suivre, prévient-il.






