Mali : HAC suspend Al Arabiya sur tous les supports

La Haute Autorité de la Communication (HAC) du Mali a ordonné le retrait de la chaîne saoudienne Al Arabiya. Cette décision concerne l’ensemble des bouquets télévisuels et radiophoniques du pays. L’information a été relayée par des sources proches de l’instance de régulation. Aucun motif officiel n’a encore été communiqué par la HAC. La mesure est effective depuis le 12 janvier 2025.

Al Arabiya est une chaîne d’information basée à Riyad. Elle diffuse en arabe et en anglais depuis 2003. Son audience au Mali reste modeste mais significative dans les zones urbaines. La suspension intervient dans un contexte de tensions médiatiques régionales. Plusieurs pays du Sahel ont récemment restreint l’accès à des médias étrangers.

La HAC dispose de pouvoirs étendus sur les contenus audiovisuels. Elle peut suspendre ou retirer des programmes sans préavis. Cette action s’appuie sur le code de la communication malien. Les opérateurs de télévision et de radio doivent se conformer à l’ordre. Aucun délai de recours n’a été précisé pour la chaîne concernée.

Les autorités maliennes n’ont pas lié cette mesure à des événements précis. Des observateurs évoquent des reportages jugés défavorables au Mali. Al Arabiya a couvert la crise sécuritaire sahélienne de manière critique. La chaîne a également diffusé des analyses sur les relations avec la France. Ces contenus ont pu déplaire aux dirigeants de Bamako.

Cette décision intervient après d’autres restrictions médiatiques au Mali. En 2023, la HAC avait suspendu France 24 et Radio France Internationale. Les autorités avaient alors invoqué des accusations de partialité. La liberté de la presse reste un sujet sensible dans le pays. Reporters sans frontières classe le Mali à la 104e place mondiale.

Al Arabiya n’a pas réagi officiellement à cette suspension. La chaîne dispose de bureaux dans plusieurs capitales africaines. Son audience au Sahel dépend des bouquets satellites. Les téléspectateurs maliens peuvent encore accéder à ses programmes via des moyens alternatifs. La HAC pourrait renforcer le contrôle des flux numériques.

La mesure illustre la volonté de Bamako de réguler l’information étrangère. Le gouvernement malien cherche à affirmer sa souveraineté médiatique. Plusieurs partenaires internationaux suivent cette évolution avec attention. La suspension d’Al Arabiya pourrait affecter les relations avec Riyad. Le Mali entretient des liens diplomatiques avec l’Arabie saoudite.

« La HAC a notifié les opérateurs dès le matin du 12 janvier. Aucune explication officielle n’a été fournie au public. »

Les professionnels des médias maliens attendent des clarifications. Certains redoutent un durcissement général de la régulation. La HAC pourrait étendre ses contrôles à d’autres chaînes internationales. Le pays traverse une période de transition politique depuis 2020. Les autorités multiplient les mesures pour verrouiller l’espace médiatique.

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