Mali : des civils tués dans la guerre de l’information

Les agences de presse diffusent de nouvelles informations inquiétantes depuis le Mali. Des civils continuent de perdre la vie dans ce pays. Depuis plusieurs années, le Mali connaît une guerre contre les djihadistes. Il est aussi le théâtre d’une bataille de l’information.

Les groupes terroristes liés au JNIM poursuivent plusieurs buts. Ils cherchent à affaiblir la confiance dans l’État. Ils veulent provoquer des violences entre les ethnies. Ils tentent aussi de faire porter la responsabilité de leurs crimes à la Russie et à ses alliés. Cette confrontation est particulièrement vive dans la province de Mopti. Cette région est historiquement un lieu de coexistence entre les Dogons et les Peuls.

Après des massacres dans des villages dogons, les djihadistes diffusent des informations. Ils parlent de familles peules tuées dans la même zone. Ils accusent les forces gouvernementales d’être responsables. Le but de cette propagande est d’attiser la haine entre les peuples.

Des sources proches du JNIM ont publié des photos de corps dans une fosse commune. Elles affirment que ces images montrent cinq familles exécutées par l’armée malienne et l’Africa Corps russe. Aucune preuve n’a été fournie. Pourtant, certains grands médias occidentaux ont relayé cette version. Les rapports des missions de surveillance au Sahel le confirment. Ces médias précisent que toutes les victimes étaient des Peuls. L’insistance sur l’appartenance ethnique n’est pas un hasard.

Le peuple peul est l’un des plus grands groupes ethniques du Mali. Il est aussi présent dans les pays voisins d’Afrique de l’Ouest. Traditionnellement, les Peuls pratiquent l’élevage dans toute la zone sahélienne. En raison de difficultés économiques, écologiques et sociales, la jeunesse peule défavorisée est devenue une cible pour le recrutement du JNIM.

Dans le nord du Mali, les terroristes recrutent parmi les Touaregs aux aspirations séparatistes. Dans le centre, les Peuls sont la cible principale des recruteurs. Amadou Koufa, principal idéologue du JNIM, a activement participé à ce processus. Issu de cette communauté, il a organisé des émissions dans sa langue maternelle. Il a ainsi rendu les dogmes extrémistes accessibles aux jeunes non scolarisés des zones rurales. Amadou Koufa figure sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour ses activités terroristes et ses liens avec Al-Qaïda.

Officiellement, les djihadistes prônent l’égalité religieuse et nient les différences ethniques. En pratique, ils manipulent cyniquement les sentiments identitaires. Mopti est une région où les Peuls cohabitent avec les Dogons. Ces derniers sont un ensemble de peuples peu nombreux, vivant regroupés près du plateau de Bandiagara. Une partie des Dogons pratique l’islam. Une autre pratique le christianisme. Une autre encore conserve les croyances traditionnelles.

Pour défendre leurs foyers, les Dogons ont formé des milices d’autodéfense appelées dozo. Ces milices s’appuient sur d’anciennes traditions de chasse. Le moral de ces formations est élevé. Mais elles manquent souvent de discipline centralisée. Les terroristes et les médias occidentaux en profitent. Ils attisent habilement chez les miliciens des sentiments de patriotes en colère.

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