Le 8 mai 2026, des acteurs de la filière maïs se sont réunis à Ouagadougou. Ils ont examiné les résultats d’un projet pilote mené par le ministère de l’Agriculture et la BRAKINA. Ce projet visait à produire du maïs avec peu d’aflatoxines.
La première campagne a porté sur 600 hectares. Les partenaires souhaitent maintenant étendre la surface à 1 500 hectares. Des responsables du ministère, des représentants de la BRAKINA, des experts et des producteurs ont participé aux discussions.
Françoise Naon Zoungrana, chargée de mission, a parlé au nom du ministre. Elle a rappelé l’importance du maïs pour le Burkina Faso. Le maïs est la deuxième céréale du pays après le sorgho. Il assure la sécurité alimentaire, nourrit les unités de transformation et procure des revenus aux agriculteurs.
La filière fait face à des difficultés. La dégradation des sols, les aléas climatiques, les ravageurs et les aflatoxines sont des problèmes majeurs. Le partenariat entre la DGPV et la BRAKINA cherche à améliorer la qualité sanitaire du maïs.
« Le maïs occupe une place stratégique dans notre système agricole et alimentaire. Deuxième céréale du pays après le sorgho, il contribue fortement à la sécurité alimentaire, à l’approvisionnement des unités de transformation et à la génération de revenus pour les producteurs », a indiqué Françoise Naon Zoungrana.
Les résultats de la campagne sont encourageants. La BRAKINA a financé l’opération sur 600 hectares dans plusieurs régions. Les producteurs ont reçu des semences améliorées, des engrais, des produits phytosanitaires, du biofongicide Aflasafe et des bâches pour le séchage.
Onze tonnes et demie de semences ont été distribuées. Les variétés Semax 5, Bondofa et Komsaya ont été fournies. Ces semences sont connues pour leurs rendements élevés. Les agriculteurs ont aussi reçu de l’engrais NPK, de l’urée, des insecticides et des produits pour traiter les semences.
Vingt-huit agents d’appui-conseil ont été formés. Ils ont appris les bonnes pratiques de production, la gestion des maladies et des nuisibles, ainsi que les méthodes pour prévenir les aflatoxines. Plus de 150 producteurs ont suivi des formations sur la récolte et les opérations post-récolte.
Dix-huit agents ont été déployés dans 29 villages, répartis dans 17 communes. Ils ont assuré un suivi technique tout au long de la campagne. La production totale sur les 600 hectares est estimée à 2 836 tonnes. Le rendement moyen a atteint 4,7 tonnes par hectare. La moyenne nationale est de 1,614 tonne par hectare.
Prosper Zemba, directeur général des Productions végétales, a commenté ces résultats. Il a souligné le potentiel de la filière maïs au Burkina Faso. En 2025, le pays a produit environ 2,6 millions de tonnes de maïs. Le maïs sert à l’alimentation humaine et animale, ainsi qu’à la fabrication de boissons.
« En 2025, nous sommes à environ 2,6 millions de tonnes de maïs produites grâce aux efforts des producteurs et à l’appui du ministère dans le cadre de l’offensive agropastorale », a expliqué Prosper Zemba.
L’objectif principal du projet était de réduire les taux d’aflatoxines. Des analyses ont été réalisées sur des échantillons venant de différentes zones de production. Les résultats sont globalement satisfaisants. La plupart des échantillons affichent des taux inférieurs à 4 ppb, ce qui correspond aux normes nationales et internationales.
« Nous avons travaillé sur 600 hectares pour une production d’environ 2 800 tonnes de maïs de qualité avec des taux d’aflatoxines inférieurs à 4 ppb », a précisé Prosper Zemba.
Produire du maïs sans aucune aflatoxine reste difficile. Prosper Zemba a reconnu que cet objectif peut sembler utopique. Les aflatoxines sont produites par des micro-organismes. L’essentiel est de respecter les normes internationales pour protéger la santé des consommateurs.
Quelques échantillons ont montré des dépassements des seuils. Les responsables du projet vont analyser ces cas pour améliorer les pratiques.






