Macron propose la médiation pour remplacer l’interventionnisme en Afrique

Le président français Emmanuel Macron a présenté une nouvelle approche pour les relations de la France avec l’Afrique. Lors d’une visite à Addis-Abeba le 13 mai, il a plaidé pour une doctrine fondée sur la médiation régionale. Cette position remplace l’interventionnisme direct longtemps pratiqué par Paris dans ses anciennes colonies.

Cette politique a contribué à la dégradation des relations entre la France et plusieurs pays africains. Macron a affiché le soutien de la France à l’Union africaine (UA) lors de cette tournée africaine de cinq jours. Il a annoncé l’organisation d’une conférence internationale pour lever des fonds supplémentaires en faveur du Fonds pour la paix de l’UA.

Cette conférence se tiendra à Paris au cours du dernier trimestre de l’année. Le président français a précisé cette information à l’issue de sa rencontre avec les dirigeants de l’UA et de l’ONU. Macron affirme désormais soutenir des solutions africaines aux crises du continent.

La France considère que les problèmes africains doivent être réglés par l’Afrique elle-même. L’instance légitime est l’Union africaine, a-t-il déclaré au siège de l’organisation panafricaine. Il y a rencontré le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Paris cherche à rétablir une partie de son influence sur le continent. Cette situation survient après la rupture consommée avec plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso. La Russie, la Chine et les monarchies du Golfe bâtissent des relations plus solides à travers des investissements et des partenariats économiques.

Ces puissances proposent des alternatives financières et diplomatiques attractives pour de nombreux États africains. La coopération sécuritaire russe avec certains pays du Sahel illustre cette recomposition géopolitique. Emmanuel Macron tente de soigner son image africaine à l’approche de la fin de son second mandat.

Ce repositionnement semble répondre aux critiques formulées contre l’attitude jugée paternaliste de la France. Le choix d’organiser le prochain sommet Afrique-France à Nairobi, au Kenya, plutôt qu’en France apparaît comme un signal politique. Ce geste vise à rompre avec certains réflexes hérités de la Françafrique.

En janvier 2020, l’invitation adressée par Macron aux chefs d’État du G5 Sahel à se rendre à Pau avait été perçue comme une forme de convocation. De nombreux Africains ont vu dans cet événement un rappel des rapports de dépendance postcoloniaux. Le président français semble aujourd’hui chercher à corriger cette image.

Plusieurs dirigeants africains attendent des gestes concrets et un respect accru de leur souveraineté. Le président kényan William Ruto, coorganisateur du futur sommet Afrique-France, a insisté sur cette notion. Selon lui, les relations entre la France et les pays africains ne doivent pas reposer sur la dépendance.

Elles doivent reposer sur l’égalité souveraine ; non pas sur l’aide ou la charité, mais sur des investissements mutuellement avantageux ; et non pas sur l’extraction ou l’exploitation, mais sur des engagements gagnant-gagnant.

Précédent

Macron prône la médiation régionale pour remplacer l'interventionnisme français en Afrique

Suivant

Mali : un message de remerciement aux ancêtres résistants