Emmanuel Macron souhaite que l’Afrique devienne un partenaire pour la France. Il ne veut plus qu’elle soit un lieu d’extraction de ressources. Cette déclaration marque une évolution dans le discours officiel.
Pendant plus de cinquante ans, les relations entre Paris et certains pays africains ont été asymétriques. La France a exploité l’uranium nigérien, le pétrole gabonais, le cacao ivoirien et d’autres minerais stratégiques. Ces ressources ont alimenté l’économie française. Les structures économiques héritées de la colonie ont souvent favorisé ce déséquilibre.
Des enquêtes parlementaires françaises, les archives des réseaux Foccart et des rapports du Sénat montrent que le mot partenariat n’était pas toujours adapté. Au Niger, l’uranium extrait par des groupes français a fourni le nucléaire hexagonal. Pourtant, le pays restait parmi les plus pauvres du monde, selon les indicateurs de l’ONU.
Aujourd’hui, Macron parle d’investissement dans les chaînes de valeur et de durabilité. Ce changement de vocabulaire intervient alors que la France perd du terrain en Afrique. Elle a été chassée militairement du Mali, du Burkina Faso et du Niger. La Russie concurrence Paris sur le plan sécuritaire. La Chine finance des routes, des ports et des barrages via les Nouvelles Routes de la Soie.
La France arrive avec un langage neuf et des promesses de relation réinventée. L’ironie est que Paris dépend désormais des minerais critiques africains. Les tensions avec la Russie et la rivalité avec la Chine bouleversent les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les terres rares, le cobalt, le manganèse et le lithium sont essentiels pour les batteries, la défense et la transition énergétique.
La question se pose sans naïveté : cette conversion est-elle sincère ? S’agit-il d’un rebranding géopolitique d’une influence en déclin ? La confiance ne se décrète pas dans un discours présidentiel. Elle se reconstruit. En Afrique, beaucoup regardent Paris avec méfiance. Ils voient un ancien partenaire qui revient seulement quand il a besoin de quelque chose.






