Lutte anti-corruption 2026 : l’ASCE-LC mise sur l’intégrité

À trois jours de la Journée africaine de lutte contre la corruption, l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a fixé le cap. Le 8 juillet 2026, à Ouagadougou, l’institution a présenté ses grandes orientations pour l’édition burkinabè. La corruption est décrite comme une menace directe pour la souveraineté et la sécurité nationale. L’ASCE-LC appelle à une mobilisation de toute la société. L’objectif est de faire de l’intégrité un levier de refondation de l’État. Le thème retenu par l’Union africaine pour 2026 est : « Intensifier la promotion de l’intégrité et des actions anticorruptions à travers l’Afrique ».

La conférence a débuté par une minute de silence. Un hommage a été rendu à l’ancien contrôleur général d’État, le Dr Luc Marius Ibriga. Béatrice Sanon, reconnue comme une championne de l’intégrité, a également été honorée. Les combattants et civils tombés pour la défense de la patrie ont eux aussi été salués. Ce moment solennel a placé la rencontre sous le signe de la responsabilité et de l’engagement.

Le contrôleur général d’État de l’ASCE-LC, Lassané Compaoré, a présenté les enjeux de cette journée. Il était entouré du contrôleur général d’État adjoint, Urbain Millogo, et du secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), Pissyamba Ouédraogo. La Journée africaine de lutte contre la corruption est célébrée chaque 11 juillet sur le continent.

« En termes d’innovation, nous avons entrepris de développer une application qui nous permettrait de développer annuellement l’état réel du niveau de la corruption », Lassané Compaoré, contrôleur général d’État de l’ASCE-LC.

Pour l’ASCE-LC, cette commémoration ne doit pas être un simple exercice institutionnel. Elle doit servir à bâtir une culture de la redevabilité. Chaque citoyen devient un acteur de la promotion de l’intégrité. Cela commence dans la cellule familiale et va jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. « L’intégrité commence par l’action quotidienne de chaque citoyen », a insisté Lassané Compaoré.

La corruption est présentée comme une menace contre la souveraineté. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, le discours prend une dimension plus stratégique. Le contexte est marqué par des défis sécuritaires et la reconquête des territoires. L’ASCE-LC considère la corruption comme un facteur qui compromet les efforts de stabilisation et de développement. Selon le contrôleur général d’État, chaque ressource publique détournée réduit les moyens disponibles pour équiper les forces de défense. Cela affecte aussi le soutien aux volontaires pour la défense de la patrie, l’éducation et l’aide aux personnes déplacées. La corruption devient alors un obstacle à la souveraineté et à la résilience des États du Sahel.

« Dans un récent Conseil des ministres, il est ressorti que deux serviteurs de l’État ont été épinglés pour 45 millions de francs CFA détournés. Cela montre une persistance du fléau », Urbain Millogo, contrôleur général d’État adjoint de l’ASCE-LC.

L’institution salue les réformes engagées par les autorités burkinabè pour renforcer la transparence dans la gestion publique. Ces réformes visent à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions. L’ASCE-LC inscrit cette dynamique dans le prolongement du message du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Ce message a été adressé le 6 juillet 2026 à l’occasion du 2ᵉ anniversaire de la Confédération des États du Sahel. Les appels du chef de l’État à produire davantage, à renforcer l’unité et à assumer collectivement les efforts de refondation trouvent un écho dans le combat contre la corruption.

La célébration de cette année sera sobre mais tournée vers l’action. L’ASCE-LC a opté pour une gestion rigoureuse des ressources publiques. Le budget a été volontairement limité. Cette sobriété n’exclut pas l’ambition. Pour donner une portée durable à l’édition, l’Autorité a mis en place une approche inédite. Les activités s’étendront jusqu’au 9 décembre 2026, date de la Journée internationale de lutte contre la corruption.

« S’il y a véritablement la volonté, alors la lutte va avancer », Pissyamba Ouédraogo, secrétaire exécutif du REN-LAC.

Cette stratégie repose sur cinq piliers. Il s’agit de l’éducation des enfants aux valeurs d’intégrité. L’implication des autorités religieuses est également prévue. La valorisation des références culturelles africaines, comme l’Ubuntu, fait partie du plan. Le renforcement du rôle éducatif de la famille est un autre pilier. Enfin, l’utilisation des technologies numériques au service de la transparence est intégrée.

Jean-Baptiste Zongo, chef du département de la stratégie nationale de la prévention à l’ASCE-LC, a expliqué que l’édition 2026 se distingue par une approche préventive. Pour inscrire la promotion de l’intégrité dans la durée, l’institution s’adressera prioritairement aux enseignants en formation. Le jeudi 9 juillet 2026, à Loumbila, l’ASCE-LC rencontrera les élèves de l’Institut national de formation des personnels de l’éducation (INFPE). Ce choix répond à la volonté de toucher les citoyens dès leur plus jeune âge. Les futurs enseignants du préscolaire et du primaire seront les premiers relais des valeurs d’intégrité auprès des enfants. « Nous donnons ici une dimension à long terme », a-t-il souligné. La journée de célébration sera rythmée par plusieurs communications.

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