Lutte anti-blanchiment : L’ONC-AC forme les acteurs de l’immobilier

L’Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-AC) a ouvert une session de formation à Ouagadougou le lundi 4 mai 2026. Cette formation s’adresse aux acteurs du secteur non financier, notamment ceux de la promotion immobilière et du bâtiment. L’objectif est de renforcer leurs compétences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP). Cette initiative fait suite au retrait du Burkina Faso de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en octobre 2025.

Le Burkina Faso a été officiellement retiré de cette liste après des efforts collectifs des Burkinabè. Ce retrait n’accorde aucun répit. Il exige une rigueur constante pour maintenir ce statut. Les autorités doivent démontrer l’efficacité réelle du dispositif national de LBC/FT/FP. Le secteur de la promotion immobilière et du bâtiment a été identifié comme l’un des plus vulnérables au blanchiment de capitaux lors des évaluations nationales des risques.

Souako Norbert Kohoun, représentant du ministre de la Construction de la Patrie Mikaïlou Sidibé, a présidé l’ouverture des travaux. Il a rappelé que la loi n°/ALT du 30 décembre 2024 impose des obligations de vigilance accrues à tous les secteurs assujettis, y compris l’immobilier. Selon lui, il est urgent d’outiller les acteurs de ce secteur, d’où cette session de formation de cinq jours.

M. Kohoun a indiqué que l’ONC-AC a observé, lors de ses missions de terrain, que la majorité des sociétés de promotion immobilière et des bureaux d’études ne disposent d’aucun dispositif interne de lutte contre le blanchiment de capitaux.

« Ce vide n’est pas toujours le signe d’une volonté de fraude, mais découle trop souvent d’un déficit d’information et de formation technique. Beaucoup parmi vous ignorent encore l’étendue de vos obligations ou se sentent démunis face à la complexité des exigences en la matière », a déclaré Souako Norbert Kohoun.

Pour le représentant du ministre, dans le contexte sécuritaire actuel, cette vulnérabilité constitue un risque que le Burkina Faso ne peut plus se permettre.

« C’est précisément pour combler ce fossé entre la règle de droit et la pratique quotidienne que l’autorité de supervision et de contrôle organise cette session. Cette formation de cinq jours ne se limite pas à une présentation théorique ; elle se veut résolument pratique », a-t-il ajouté.

Nadège Hien/Guinko, directrice des affaires juridiques de l’ONC-AC, a défini ce qu’est un assujetti. Selon elle, un assujetti est toute personne physique ou morale tenue de respecter des obligations réglementaires en matière de LBC/FT. Ces acteurs appartiennent à des secteurs susceptibles d’être utilisés à des fins de blanchiment. Ils doivent contribuer activement à la prévention de ces phénomènes.

Mme Hien/Guinko a précisé que cette formation répond à un besoin d’accompagnement des assujettis. Elle vise à leur permettre d’acquérir des compétences concrètes, notamment pour élaborer les documents fondamentaux de lutte contre le blanchiment de capitaux. Il s’agit des procédures de connaissance du client (KYC), de la politique interne de lutte contre le blanchiment et de la cartographie des risques.

« Chaque structure doit être capable d’identifier, d’évaluer et de gérer les risques auxquels elle est exposée. Il est également crucial de savoir mettre en œuvre efficacement ces dispositifs dans la pratique quotidienne », a ajouté Mme Hien/Guinko.

Madi Prosper Tapsoba, chef du département des affaires juridiques et institutionnelles à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), a indiqué que la première journée sera consacrée aux modules théoriques. Les quatre jours suivants seront axés sur la pratique.

« L’objectif est de permettre aux participants d’évaluer leurs risques, d’élaborer des politiques et procédures internes, et de renforcer leurs capacités en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », a-t-il expliqué.

Souako Norbert Kohoun a invité les participants à s’approprier les contenus de la formation pour mieux les appliquer dans leurs structures. Cela vise à éviter que le Burkina Faso ne retombe sur la liste grise du GAFI. La CENTIF est l’organe national chargé de la coordination de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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