L’IA dans les visuels officiels du Burkina Faso soulève des questions

Des images créées par intelligence artificielle apparaissent sur des pages officielles. La page Facebook du ministère des Serviteurs du peuple en a utilisé une. Elle annonçait des chiffres sur les concours. Le ministère de la Transition digitale emploie aussi parfois l’IA. Cette pratique n’est donc pas isolée. Elle interroge la qualité de la communication publique. Elle questionne aussi la crédibilité des messages. L’avenir des métiers de ce secteur est concerné.

Cet article ne constitue pas une condamnation. L’IA peut être utile pour certaines tâches. La rédaction ou la veille en sont des exemples. Confier les visuels officiels à des algorithmes est différent. Cela se fait souvent au détriment des professionnels. La maîtrise des codes visuels peut alors manquer.

Les services de communication publics burkinabè ont peu de moyens. Ils font face à des délais courts. Le nombre d’agents est souvent limité. Dans ce contexte, des outils comme Gemini ou DALL·E semblent pratiques. Midjourney est aussi cité. Ces solutions sont rapides et peu coûteuses. Elles produisent une image acceptable en quelques clics.

Le problème ne réside pas dans l’outil lui-même. C’est son usage qui pose question. L’IA peut servir d’aide ou d’inspiration. Il faut alors connaître ses limites. Une maîtrise des bases du graphisme est nécessaire. Elle permet de corriger les défauts. Se contenter systématiquement d’images générées est risqué. Le respect de la charte graphique peut être négligé. Les règles de la communication gouvernementale aussi. La capacité à adapter les messages aux publics en souffre.

La qualité esthétique semble souvent correcte. Mais elle manque fréquemment d’originalité. L’usage fréquent de l’IA pose un problème d’identité. L’identité visuelle de l’État burkinabè est en jeu. Les institutions publiques doivent communiquer avec rigueur. Un visuel généré par IA s’appuie sur des banques d’images. Ces banques sont souvent étrangères. Il n’est pas ancré dans la réalité locale. Il peut véhiculer des représentations contradictoires. Ces représentations peuvent contredire le message officiel.

Les responsables de communication doivent apprendre. Ils peuvent se former aux logiciels professionnels. Adobe Photoshop, Illustrator et InDesign en font partie. Des versions gratuites existent aussi. GIMP et Inkscape en sont des exemples. Maîtriser Canva peut être un début. Des centres spécialisés proposent des formations. L’Institut supérieur de la communication et du multimédia aussi. Des plateformes en ligne offrent ce service. Les ministères et institutions doivent les financer. Ils doivent en faire une priorité.

Le recours aux professionnels locaux est une autre piste. Graphistes et designers burkinabè ont du talent. Les illustrateurs et agences disposent d’un savoir-faire. Ils peuvent produire des visuels institutionnels de qualité. Les marginaliser au profit d’algorithmes est dommageable. Cela décourage les vocations. L’écosystème des créateurs s’en trouve affaibli. Une vraie stratégie de communication nécessite un budget. Un budget dédié à la création visuelle professionnelle est essentiel. Des appels à projets transparents sont possibles.

La communication publique engage la crédibilité de l’État. Les institutions burkinabè doivent investir dans la formation. Cela est particulièrement nécessaire aujourd’hui. Le contexte est celui d’une révolution populaire progressiste. L’image y est un outil puissant.

Fredo Bassolé Lefaso.net

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