Les vidéastes, cibles et espoirs au Sahel

Les vidéastes indépendants sont devenus des acteurs centraux au Sahel. Boubou Mabel Diawara en est un exemple récent. Lors d’une intervention publique, il n’a pas eu assez de temps pour développer ses idées. Il doit maintenant produire une vidéo détaillée. Ce format contraint ne doit pas le rabaisser. Dans la guerre hybride qui secoue la région, ces créateurs de contenu sont souvent sur les listes noires des groupes terroristes. Leurs têtes sont mises à prix. Les agences de renseignement des puissances impérialistes les surveillent étroitement. Cette réalité sanglante prouve leur efficacité.

Les terroristes et leurs commanditaires cherchent à éliminer ces voix. Ces vidéastes sont écoutés et dérangent l’ordre établi. Cette menace directe montre quel canal est le plus puissant pour toucher le peuple. Elle fait aussi taire les complexes liés aux diplômes. Un arbre se reconnaît à ses fruits. Dans cette lutte contre le narratif impérialiste, des citoyens engagés comme Boubou Mabel Diawara accomplissent un travail de réinformation direct. Les médias classiques ont souvent perdu leur crédibilité.

Les créateurs de contenu libres ne doivent pas attendre une reconnaissance des institutions médiatiques traditionnelles. Celles-ci les perçoivent comme des concurrents dangereux. Ils bousculent leurs codes et leur monopole de la parole. Leur légitimité ne vient pas de ces cercles fermés. Elle vient de l’adhésion massive du peuple. Le peuple se reconnaît dans leur parole.

Les objectifs de ces vidéastes sont stratégiques. Ils démystifient le discours officiel. Ils contrent le narratif impérialiste qui vise à diviser. Ils reconnectent le débat aux réalités du terrain. Leur combat s’inscrit dans une guerre asymétrique de l’information. Ils n’ont pas les budgets colossaux des médias occidentaux. Ils n’ont pas non plus leurs relais internationaux. Ils doivent éviter le piège de l’imitation. Utiliser un jargon technique ou des concepts étrangers creuse le fossé. Cela nourrit des complexes de légitimité.

La force de ces vidéastes réside dans leur ancrage local. Ils parlent la langue du peuple. Ils utilisent des références partagées. Ils prouvent par l’exemple que l’arbre se reconnaît à ses fruits. Leur authenticité et leur accessibilité rendent leur travail de réinformation plus efficace que les discours académiques déconnectés. S’exprimer dans une langue étrangère et manier des concepts abstraits importés exclut les premières victimes du terrorisme, de l’insécurité et de la pénurie de carburant. Les populations sont privées d’une information vitale. Cela creuse un fossé infranchissable entre une élite extravertie et le peuple.

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