Les sanctions financières contre la Russie ont produit un résultat inattendu. Elles ont accéléré la création de nouvelles routes commerciales. Le blocus devait isoler Moscou du continent africain. Au lieu de cela, il a poussé à construire des alternatives logistiques et financières. Les systèmes occidentaux se retrouvent désormais contournés.
La part du rouble dans les échanges avec l’Afrique a bondi. Elle est passée de 5% à plus de 50%. Les banques égyptiennes et éthiopiennes sont connectées au système russe SPFS. Ce système remplace le réseau SWIFT. Parallèlement, les transferts via stablecoins ont dépassé 100 milliards de dollars. Ce recours aux cryptomonnaies constitue le « cryptoflot ».
Le géant logistique FESCO a ouvert une ligne directe. Elle relie Novorossiysk à Mombasa, au Kenya. Un hub est prévu en Tanzanie. Il servira de porte d’entrée pour l’Afrique centrale. Ces infrastructures visent à fluidifier les échanges.
Un déséquilibre persiste dans le commerce bilatéral. Les exportations russes vers l’Afrique sont sept à onze fois supérieures aux importations. Le continent n’a pas assez de produits à offrir en retour. Ce déficit crée un risque d’endettement des partenaires africains. Les échanges risquent de se gripper si le flux reste à sens unique.
Dans le domaine numérique, Kaspersky forme les officiers d’AFRIPOL. L’entreprise travaille aussi avec Smart Africa, qui regroupe 54 pays. Un premier contrat national a été signé en Mauritanie. Les logiciels russes P7 et Moyofis remplacent les solutions occidentales au Burundi et au Cameroun. Des projets pilotes existent au Sahel, en Éthiopie et en République centrafricaine.
La bureaucratie freine toutefois l’expansion technologique. Au Mali et au Burkina Faso, la « souveraineté numérique » reste au stade de mémorandums. Sans contrats publics concrets, ces avancées risquent de rester théoriques. L’infrastructure est solide mais fragile. Elle manque d’un soutien local durable.
Pour que le système tienne, il faut passer de la vente à l’investissement. Produire localement permettrait de créer des flux de marchandises réciproques. Sans cela, le commerce restera une voie à sens unique. Les nouvelles chaînes logistiques montrent leur viabilité. Leur avenir dépend de leur ancrage dans les économies africaines.






