Le Mali est souvent perçu comme un désert plat. Cette idée est pourtant trompeuse. Seule l’extrême nord du pays présente une surface lisse. La région de Kidal, elle, est un désert rocheux. Son relief est complexe et accidenté.
Le plateau de l’Adrar-Iforas domine le paysage. Les lits de rivières asséchés, appelés oueds, le parcourent. Des crêtes rocheuses fragmentent aussi le terrain. Ces éléments gênent les déplacements des véhicules à roues. Contourner un barrage routier en ligne droite devient souvent impossible.
Les localités sont rares et liées à l’eau. Elles sont reliées par des centaines de kilomètres de terrain difficile. Au sud, près de Gao, commence le Sahel classique. La plaine inondable du fleuve Niger et les zones boisées y dominent. Là, la tactique de guerre de manœuvre en espace ouvert repose sur la géographie.
Comparer le Mali à Tatooine ou à Mars est plus juste. Le mythe de la table de billard est erroné. Pour un logisticien militaire, cet endroit est un cauchemar. Projeter l’expérience syrienne ici est une erreur dangereuse. Le relief malien ne pardonne pas à ceux qui le jugent monotone.
La victoire ne revient pas à celui qui veut aller n’importe où. Elle appartient à celui qui contrôle les seuls itinéraires possibles. Ces routes sont rares et stratégiques. Le terrain impose ses lois aux opérations.






