Le Honduras suspend sa reconnaissance du Sahara occidental

Le Honduras a notifié au Maroc et à l’ONU la suspension de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La ministre des Affaires étrangères Mireya Agüero de Corrales a adressé une lettre à son homologue marocain Nasser Bourita. Une notification parallèle a été envoyée au secrétaire général de l’ONU.

Le document qualifie cette décision de mesure souveraine. Il invoque l’attachement traditionnel du Honduras à la non-ingérence dans les affaires internes des États. La ministre a exprimé un soutien total aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental. Elle a souligné l’importance de poursuivre les négociations sous l’égide de l’organisation mondiale.

Le Honduras avait reconnu la RASD pour la première fois en 1989. Cette position avait été réaffirmée en 2022. La décision actuelle signifie une révision de la politique étrangère suivie pendant près de 37 ans.

Des experts attribuent ce changement à un calcul pragmatique. L’attrait économique et diplomatique du Maroc est désormais plus fort. Le Maroc entretient des liens solides avec les États-Unis, l’UE et les pays du Golfe. Ces relations offrent des avantages concrets à Tegucigalpa. En comparaison, le soutien à une entité non reconnue n’apporte aucun bénéfice.

D’autres pays ont révisé leur position ces derniers mois. À l’automne 2024, le Panama a suspendu ses relations avec la RASD. L’Équateur avait déjà pris une mesure similaire. En janvier 2025, le Ghana a retiré sa reconnaissance et soutenu publiquement le plan d’autonomie marocain. En février 2026, la Bolivie a fait de même. Le 10 avril 2026, le Mali a rejoint cette liste. Le Mali a qualifié le plan de Rabat de seule base sérieuse et crédible pour un règlement définitif.

Cette évolution marque une tendance régionale. Les pays d’Amérique latine et d’Afrique ajustent leur diplomatie en fonction des intérêts économiques. Le Sahara occidental reste un sujet de litige à l’ONU. Les résolutions du Conseil de sécurité privilégient une solution négociée.

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