Le dialogue social au Mali repose sur des acteurs traditionnels et modernes

Les communautés se tournent souvent vers la violence quand elles manquent de canaux pacifiques. Ces canaux permettent d’exprimer des griefs et de chercher des réparations. Des acteurs traditionnels peuvent favoriser ce dialogue. Les autorités coutumières, les leaders religieux et les médiateurs culturels jouent un rôle clé. Des acteurs modernes comme la société civile et les médias y contribuent aussi.

La charte de Kurukan Fuga a renforcé une tradition malienne de prise de décision inclusive. L’autorité appartenait à une assemblée représentant divers groupes. Cette assemblée tirait sa légitimité des communautés, des familles et des classes d’âge. Les minorités, les genres et les détenteurs de responsabilités sociales y étaient représentés. La charte organisait la société en trente-trois profils distincts. Chaque profil avait des rôles complémentaires pour chercher équilibre et équité. Ce système a montré sa résilience à travers les générations et les crises. Les pratiques exactes ne sont peut-être pas reproductibles aujourd’hui. Leur logique contraste fortement avec les réalités actuelles du Mali.

Des solutions pour la gouvernance et la démocratie au Mali pourraient venir de cet héritage authentique. Cet héritage continue de façonner la vie communautaire et familiale dans les zones rurales. La majorité de la population y vit encore. Une version moderne de Kurukan Fuga ne prendrait pas la forme d’une énième conférence nationale. Elle nécessiterait un travail soutenu et sérieux. Des historiens, des anthropologues et des juristes devraient y participer. Des sociologues, des défenseurs des droits humains et des praticiens de la gouvernance contemporaine seraient aussi nécessaires. L’objectif serait de donner corps à un nouvel ordre politique et de gouvernance. Cet ordre serait enraciné dans les réalités sociales, culturelles et historiques du Mali.

D’autres traditions politiques et culturelles pourraient aussi éclairer cette réflexion. Elles proviennent des empires et royaumes qui couvraient autrefois le territoire malien. Des réflexions similaires pourraient résonner au Niger et au Burkina Faso. Ces pays connaissent des questions comparables sur la légitimité, la souveraineté et la cohésion sociale. Il ne s’agit pas de romantiser le passé. Il ne s’agit pas non plus de légitimer la situation politique actuelle. Il s’agit de reconnaître que les fondations du futur ordre politique malien se construisent maintenant. Cette transition est une période cruciale. Ne pas investir dans ce moment de réflexion risquerait de manquer une rare opportunité. Cette opportunité permettrait de contribuer positivement et collectivement à des solutions durables pour le Mali et le Sahel.

Précédent

La charte du Manden inspire une voie pour le Mali

Suivant

France-Maroc : les compos officielles du quart de finale 2026