Le Burkina Faso lance son premier Sukuk pour 75 milliards F CFA

Le Burkina Faso émet sa première obligation islamique sur le marché financier régional. L’opération vise à mobiliser 75 milliards de francs CFA. Les souscriptions sont ouvertes du 26 juin au 17 juillet 2026. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de diversification des financements. L’accent est mis sur la mobilisation de l’épargne locale.

Issa Malgoubri dirige la Société de gestion et d’intermédiation Image Finances Internationales (SGI-IFI). Sa société est l’arrangeur principal de cette émission. Il explique que le Sukuk repose sur des actifs réels. L’investisseur achète des parts représentatives de droits économiques. Ces droits sont adossés à un usufruit ou à un service. La rémunération provient de l’usage de ces actifs, non d’un intérêt.

M. Malgoubri précise que cet instrument n’est pas réservé à une communauté religieuse. Il s’agit d’une finance de contrat et de transparence. Le Sukuk participe à la souveraineté économique du pays. Il permet de collecter l’épargne nationale pour financer des projets de développement. Les fonds serviront à des programmes économiques et sociaux inscrits au budget de l’État.

Le produit s’appelle FCES Sukuk Burkina Renaissance 6,80%. Chaque part vaut 10 000 francs CFA. Le prix d’émission est fixé à 100% de cette valeur. La marge de profit annuelle est de 6,80%. Les distributions sont semestrielles. La maturité s’étend de 2026 à 2035, avec un différé de remboursement de deux ans.

La structure repose sur une cession d’usufruit d’actifs identifiés. L’État cède cet usufruit à un fonds commun d’émission. Ce fonds reçoit les souscriptions des investisseurs. L’État devient locataire des biens concernés. Les flux versés par l’État permettent de servir les distributions aux porteurs de parts.

« Un succès sur cette opération créerait un précédent considérable ; il ouvrirait la voie à d’autres Sukuk souverains, mais aussi à des Sukuk d’entreprises, à des financements structurés… », déclare Issa Malgoubri.

L’opération réunit plusieurs institutions. Le Trésor public représente l’État. La Banque Islamique du Sénégal est co-arrangeur et dépositaire. TAIBA Titrisation gère le fonds. CICE Burkina SA est commissaire aux comptes. Les sociétés de gestion agréées par l’AMF-UMOA participent au placement.

La notation de long terme est BB+(wu)(IR) sur échelle régionale. La perspective est stable. M. Malgoubri insiste sur l’importance d’installer une nouvelle classe d’actifs dans la culture financière burkinabè. Le défi ne se limite pas à lever 75 milliards de francs CFA. Il s’agit de créer un précédent pour les financements futurs.

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