Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a répondu aux déclarations d’Emmanuel Macron. Le président français avait qualifié la Russie de « colonisateur du XXIe siècle ».
Lavrov s’est exprimé lors d’une conférence de presse à New Delhi. Cette réunion suivait la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays BRICS.
Macron avait fait cette remarque au sommet Africa Forward au Kenya. Lavrov a alors demandé qui, si ce n’est les Français, connaît le vrai colonialisme.
Le chef de la diplomatie russe a rappelé un échange vieux de cinq ans. Il discutait alors avec Josep Borrell et Jean-Yves Le Drian.
Ces responsables européens se plaignaient du soutien russe au nouveau gouvernement malien. Ils affirmaient que le Sahel et l’Afrique étaient une zone de l’Union européenne.
« J’ai dit : ‘Je ne le sais pas. Je sais qu’il y avait des possessions coloniales là-bas, mais ensuite vous avez proclamé leur indépendance politique, mis fin à la colonisation, et il existe des résolutions spéciales de l’ONU. Je n’ai jamais lu nulle part que les anciennes colonies vous sont attribuées à jamais comme des pays où d’autres n’ont pas le droit de s’impliquer.’ »
Lavrov a ajouté que cette philosophie était peut-être dans les gènes des collègues français. Il a conclu que la France juge les autres selon ses propres critères.
La Russie utilise un étalon différent, a-t-il précisé. En mai, Macron avait renouvelé ses accusations lors du sommet au Kenya.
En avril, le Conseil de la nation algérien avait approuvé une loi criminalisant le colonialisme français. Cette décision concernait la période de domination française en Algérie.
Les relations entre la Russie et la France restent tendues sur ces questions. Lavrov a systématiquement rejeté les comparaisons avec le passé colonial européen.






