Laurent Gbagbo reconduit à la tête du PPA-CI dans un climat de tensions internes

Le 14 mai 2026, les membres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ont tenu leur congrès ordinaire. Ils ont décidé de maintenir Laurent Gbagbo à la présidence du parti. L’ancien chef d’État, âgé de 80 ans, reprend donc les rênes de sa formation politique. Cette décision survient dans un contexte de vives tensions internes. Une série de sanctions a récemment frappé plusieurs cadres du parti. Blaise Lasm, Stéphane Kipré et Ahoua Don Mello ont notamment été écartés.

En octobre dernier, Laurent Gbagbo avait annoncé son retrait de la vie politique. Il s’était alors interdit d’occuper des fonctions au sein du PPA-CI. Ce discours a changé. Il accepte désormais de poursuivre ce qu’il appelle sa « mission » à la tête du parti. Ce revirement intervient alors que de nombreux Ivoiriens réclament un renouvellement de la classe politique. La reconduction de l’ancien président suscite des réactions contrastées dans l’opinion.

Certains observateurs estiment qu’aucun successeur consensuel ne s’impose aujourd’hui. Malgré la présence de plusieurs cadres influents, personne ne semble capable de prendre naturellement la relève. D’autres voix soulignent une contradiction. Laurent Gbagbo, qui a critiqué le quatrième mandat du président Alassane Ouattara, se maintient lui-même au pouvoir. Le fameux slogan « Asseyons-nous et discutons » semble oublié. Au sein du PPA-CI, ceux qui expriment un désaccord sont systématiquement exclus ou marginalisés.

La question de la transition générationnelle reste donc entière. Les échecs passés, après la scission au sein du Front populaire ivoirien (FPI), n’ont pas servi de leçon. Le refus de dialoguer avec d’anciens collaborateurs étonne. Certains Ivoiriens ironisent sur cette situation. « Avant de donner de grandes leçons de tolérance au pouvoir RHDP, les pro-Gbagbo devraient interroger leur propre flexibilité », disent-ils. La maison se vide, ajoutent-ils. Le parti au pouvoir, le RHDP, connaît lui aussi des difficultés similaires. Alassane Ouattara y a été reconduit récemment. La question du renouvellement des dirigeants reste posée dans les deux camps.

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