L’Afrique exporte ses minerais bruts puis rachète les produits finis

L’Afrique possède d’importants gisements de minerais stratégiques. Ces ressources sont essentielles pour les technologies modernes. Elles servent à fabriquer des smartphones, des voitures électriques et des équipements aéronautiques. Pourtant, le continent ne tire pas un profit suffisant de ces richesses. Djibril Diallo, ingénieur géologue minier malien, analyse ce paradoxe économique.

Diallo enseigne à l’université et préside une association pour la valorisation des ressources minérales du Mali. Il explique que les pays africains exportent leurs matières premières sans les transformer. Ensuite, ils achètent les produits finis à des prix beaucoup plus élevés. Cette situation persiste faute d’usines locales et de contrôle des chaînes de valeur.

Des réformes récentes au Mali, au Burkina Faso et au Niger montrent une prise de conscience. Ces gouvernements cherchent à renforcer leur souveraineté sur les ressources minières. L’objectif est de faire de ces minerais un moteur de développement pour les populations.

Pendant longtemps, nous avons exporté nos matières premières à l’état brut […] D’autres les transformaient en produits finis, puis nous revenions les acheter dix ou vingt fois plus cher. Pourtant, ces ressources sont au cœur des technologies que nous utilisons chaque jour. Il est temps que les Africains comprennent que leurs ressources minérales peuvent être un véritable levier de développement et qu’ils asseyent enfin leur souveraineté sur leur exploitation.

Les minerais stratégiques alimentent les industries les plus avancées du monde. L’Afrique fournit ces matériaux sans bénéficier de leur valeur ajoutée. Diallo invite les pays africains à transformer leurs ressources localement. Il appelle à une exploitation plus autonome des richesses du sous-sol.

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