Moscou exprime des craintes face à un mouvement de combattants étrangers vers l’Afrique. Ces personnes viennent de plusieurs zones de conflit. La Russie juge que cette situation menace les pays du Sahel. Elle accuse aussi l’Ukraine de favoriser la circulation d’armes occidentales vers des groupes armés sur le continent.
Le 27 mai, Tatiana Dovgalenko a pris la parole. Elle dirige le département du partenariat avec l’Afrique au ministère russe des Affaires étrangères. Elle a rappelé que le terrorisme international reste une menace pour la paix et la sécurité en Afrique. Elle a surtout alerté sur le déplacement massif de terroristes étrangers et de combattants vers l’Afrique depuis d’autres régions. Selon elle, l’objectif est d’empêcher ces groupes de s’installer durablement et de créer un nouveau califat version 2.0.
La menace concerne des pays amis de la Russie, notamment ceux de la Confédération des États du Sahel. Dans cette zone, des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique sont déjà actifs. Leur influence s’étend aussi aux pays du golfe de Guinée. Tatiana Dovgalenko a signalé une recrudescence des attaques dans le nord du Bénin et le nord-est du Nigeria. Elle a aussi mentionné une menace croissante de Boko Haram autour du bassin du lac Tchad.
Moscou appelle à une meilleure coordination des efforts régionaux. La Russie salue le dialogue entre la Cédéao et la Confédération des États du Sahel. La lutte contre les groupes armés nécessite une coopération plus étroite entre les pays concernés. Tatiana Dovgalenko a condamné les récentes attaques au Mali. Elle a aussi dénoncé les tentatives de blocus des transports dans ce pays et l’attaque contre l’aéroport international de Niamey au Niger. Elle a précisé que ces opérations ont été repoussées grâce à l’action coordonnée des forces armées des pays de l’Alliance des États du Sahel et de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense.
Pour Moscou, la priorité est de renforcer les armées africaines et les mécanismes de coopération avec les États du Sahel. La Russie accorde une attention particulière à l’amélioration de leur capacité de combat. Elle forme aussi des personnels, y compris dans le domaine humanitaire. Le mécanisme de haut niveau Russie–Alliance des États du Sahel, lancé l’an dernier, doit servir de cadre à cette coopération.
Un autre sujet préoccupe Moscou : la circulation des armes vers le continent africain. Tatiana Dovgalenko a affirmé que l’Ukraine était devenue une base logistique. Des armes occidentales finissent entre les mains de criminels et de terroristes. Le ministère russe des Affaires étrangères indique que ces armes sont retrouvées auprès de formations terroristes au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Centrafrique, en RDC, en Somalie, au Soudan et au Tchad. Moscou accuse également les services spéciaux ukrainiens de soutenir des groupes radicaux en Afrique. Ce soutien inclut la fourniture d’armes, de drones, de formations et d’aide à la coordination. Pour Moscou, Kiev servirait ainsi de canal pour la diffusion d’armes occidentales vers d’autres régions du monde.






