La précarité menace les journalistes privés togolais

Une étude récente expose la situation financière difficile des journalistes privés au Togo. Le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo a publié les données d’avril et mai 2026. Soixante-neuf professionnels ont participé à cette investigation pour mesurer la pauvreté du milieu.

Les chiffres montrent des salaires très bas. Quatre-vingt-onze pour cent des sondés perçoivent moins de cent mille francs CFA par mois. Près de cinquante pour cent touchent même moins de cinquante mille francs CFA mensuels.

La stabilité professionnelle fait aussi défaut. Soixante pour cent des personnes interrogées possèdent des contrats temporaires ou font du bénévolat. Trente-huit pour cent subissent des retards constants dans le versement de leur salaire.

La protection sociale reste absente pour une majorité. Plus de la moitié ne bénéficie d’aucune couverture médicale ni de sécurité sociale. Cette situation pousse de nombreux travailleurs à douter de leur avenir.

Soixante-dix-huit pour cent des sondés pensent abandonner le métier avant l’âge de la retraite. Le syndicat existe depuis quinze ans et réclame des mesures urgentes. L’organisation fête cet anniversaire le vingt-sept août 2026.

Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan dirige le syndicat. Il commente la démarche :

Le SYNJIT a lancé cette enquête parce que l’une des missions du SYNJIT, c’est de défendre les droits et les conditions de travail des journalistes au Togo. Donc naturellement, c’est dans le cadre de cette mission que nous avons lancé cette enquête. Depuis sa création, le SYNJIT a toujours mené la bataille pour les meilleures conditions de travail et de vie des journalistes. Donc naturellement, il est de notre rôle d’avoir des chiffres pour pouvoir situer l’opinion et également attirer l’attention des autorités.

La convention collective signée il y a quatre ans pose problème. Le texte manque d’application concrète sur le terrain. Le comité de suivi n’existe toujours pas. Le responsable syndical exige une révision de ce texte.

Nos attentes après cette enquête et les résultats qui viennent d’être rendus publics, c’est que nos autorités nous écoutent. Et que notre convention collective au Togo, conclue de haute lutte et au terme d’un combat de longue haleine, reçoive

Le syndicat demande des discussions entre l’État, les patrons de presse et les salariés. L’objectif consiste à sauver la profession de la disparition. La survie de la presse dépend des réformes à venir.

Mais je crois que ce sont quand même des situations que nous devons analyser tous ensemble avec les autorités du pays, avec les organisations patronales, pour sauver la profession. Il ne s’agit pas aujourd’hui de maintenir la ceinture contre peut-être le patron de presse ou contre je ne sais qui. Mais aujourd’hui il s’agit de la profession.

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