Sarof Salif Komi, philosophe burkinabè, a accordé un entretien à Lefaso.net. Il y défend la place de la philosophie dans le développement. Pour lui, les solutions aux crises ne peuvent ignorer la raison. Il publie en mai 2026 un essai intitulé « Le temps en théorie conique ». Cet ouvrage propose une conception du temps où le futur précède le passé.
Komi Salif, de son nom civil, explique que la philosophie ne fut pas un choix délibéré. Elle s’est imposée à lui par l’observation des phénomènes. L’existence, l’énergie et l’espace ont suscité son questionnement. Il estime que la philosophie reste la mère de toutes les sciences. Selon lui, toute discipline requiert l’usage de la raison.
Après le baccalauréat, il a d’abord étudié les langues à l’université de Ouagadougou. Il a enseigné le français et l’anglais. Ses voyages et passions pour la musique et l’entreprenariat l’ont accompagné. L’intérêt sérieux pour la philosophie a débuté en 2004.
Interrogé sur l’idée que les matières littéraires sont superflues, il répond que cela révèle une méconnaissance. Tout objet technique, dit-il, est une conception humaine. La raison, commune à tous, guide l’innovation et le progrès. Nier la philosophie revient à nier toute avancée.
Quant à l’intelligence artificielle, il précise que le mot « intelligence » en anglais signifie traitement de données. L’IA ne peut inventer sans l’homme. Elle ne découvre pas de lois naturelles inconnues. L’intelligence humaine reste la source de toute création.






