La malnutrition infantile dépasse la simple question alimentaire

Gordon Jonathan Lewis, directeur régional adjoint de l’UNICEF, s’est exprimé à Lomé. Il représentait le directeur régional Gilles Fagninou. La conférence régionale sur la Nutrition et la Petite Enfance s’est tenue du 11 au 13 mai 2026.

L’Afrique de l’Ouest et du Centre concentre un tiers de la mortalité mondiale des enfants de moins de cinq ans. Un enfant malnutri tombe souvent malade. Il manque d’énergie pour jouer ou apprendre. Sa croissance est compromise. Ses résultats scolaires sont affectés. Parfois, il parcourt plusieurs kilomètres avec sa mère pour un centre de santé.

La malnutrition touche aussi les mères. Une mère qui interrompt ses activités perd des revenus. Les enfants avec des retards de développement peinent à l’école. Ils accèdent difficilement à des emplois qualifiés. À grande échelle, cela freine la productivité et fragilise le développement économique.

La dénutrition est le terme le plus large. Elle désigne l’ensemble des carences alimentaires. Le retard de croissance est une manifestation chronique. Il survient après un manque prolongé d’alimentation saine et de soins. Il affecte aussi le développement du cerveau. La malnutrition aiguë est une urgence. L’enfant perd rapidement du poids. Il risque de mourir sans traitement rapide. Ces deux situations exigent des réponses différentes.

La malnutrition est liée à la pauvreté, à l’accès limité aux soins, aux conflits, aux déplacements, au changement climatique, au manque d’eau potable et à l’absence de protection sociale. Beaucoup d’enfants ne bénéficient pas d’une approche intégrée durant leurs premières années. Un enfant a besoin d’alimentation, de soins, de stimulation, d’affection et d’un environnement protecteur. Lorsque les pays investissent simultanément dans la nutrition, la santé, l’eau, l’hygiène, l’assainissement, l’éducation préscolaire et l’accompagnement parental, les résultats sont plus durables.

Le changement de comportement se construit avec les communautés. Les familles changent leurs pratiques lorsqu’elles comprennent les bénéfices pour leurs enfants. Elles le font aussi lorsqu’elles se sentent respectées dans leurs réalités culturelles et économiques. Parfois, les ménages savent quoi donner à leurs enfants, mais n’ont pas accès aux aliments nutritifs. L’UNICEF a lancé « First Foods » pour améliorer la disponibilité des aliments de complément. L’organisation insiste aussi sur la stimulation précoce : parler à un enfant, jouer avec lui, répondre à ses émotions.

Le Togo a réalisé des progrès encourageants. Le pays a réduit le retard de croissance de 27,5 % à 23,8 % entre 2014 et 2017. Le taux d’allaitement maternel exclusif est de 64,3 %, parmi les plus élevés de la sous-région.

Une volonté politique forte se manifeste avec des réformes dans la nutrition, le préscolaire et la protection de la petite enfance. Le plan stratégique national multisectoriel de la nutrition a été validé. L’UNICEF a décerné le prix de Champion de la Petite Enfance au Président du Conseil de la République togolaise. Les défis restent importants pour un accès équitable aux services intégrés, surtout dans les zones vulnérables.

La priorité pour les deux prochaines années au Togo est d’accélérer le passage à l’échelle. Cela implique un programme multisectoriel pour coordonner les interventions ciblant les 2000 premiers jours. Il faut renforcer les investissements domestiques et étendre les services communautaires. Une industrie locale doit fournir des aliments thérapeutiques aux enfants. Les curricula universitaires doivent évoluer vers une prise en charge complète de la petite enfance. L’objectif est que chaque enfant bénéficie d’une alimentation adéquate, de soins de qualité et d’un environnement stimulant et protecteur dès ses premières années.

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