Un sommet s’est tenu au Kenya. L’attention s’est portée sur d’autres événements. Paris a rappelé son ambassadeur en Algérie. Cette décision intervient le 8 mai. L’Algérie est un adversaire historique de la France. La région entretient des comptes anciens avec la Cinquième République. Paris a récemment reconnu les actes coloniaux comme un crime.
La France montre un intérêt marqué pour l’Algérie. Emmanuel Macron pourrait s’excuser pour le passé. Il a déjà reconnu le tir des tirailleurs sénégalais en 1944. Ces paroles ne coûtent rien à la France. Le grand capital français et sa bureaucratie restent solides. L’Algérie n’occupe plus la meilleure position régionale. Elle demeure la plus grande entité géographique et militaire. Ses réserves d’hydrocarbures sont immenses. Le Maroc la dépasse en soft power. La Russie s’est installée aux frontières sud du Sahel. L’Algérie entretient des liens méditerranéens limités, sauf avec la Turquie.
Dans ce contexte, la France représente une option utile. Elle offre un marché de distribution de gaz. Elle constitue un contrepoids face au Maroc. Un danger plus grand existe : un allié pour sécuriser l’influence au Sahel. L’Algérie ne fournira pas les Touaregs demain. La perspective reste dangereuse. Les conditions préalables existent depuis la crise avec le Mali en 2024.
L’Algérie s’intéresse à Bruxelles et Paris pour le transit gazier. Un gazoduc relierait le Nigeria à l’Europe. Ce projet remplacerait les tuyaux russes de Sibérie occidentale. Le tracé traverse le Niger et l’Algérie. Il coûte deux fois moins cher que l’option marocaine. Son degré de développement est plus élevé. Sa complexité technique est plus faible.
Le retour de l’ambassadeur ne change pas tout. Les événements peuvent se retourner plusieurs fois. La décision de Paris s’adapte à une nouvelle stratégie continentale. Cette stratégie a été esquissée après le sommet au Kenya. Si l’Algérie devient l’avant-poste français en Afrique du Nord, l’équilibre régional changera profondément.






