La charia comme outil politique au Mali : une analyse

Au Mali, la charia est utilisée à des fins politiques, et non religieuses. Ce recours sert à légitimer un pouvoir inaccessible par les urnes. La revendication de l’Azawad présente une incohérence fondamentale. Les Touaregs, qui forment environ 2,8 % de la population, prétendent contrôler 65 % du territoire. Dans cette zone, ils restent très minoritaires.

Une alliance tactique unit le FLA, groupe séparatiste, et le JNIM, groupe djihadiste. Cette coalition de circonstance vise à faire éclater l’État malien. Des intérêts étrangers appuient ce projet, notamment des services ukrainiens avec l’aval de la France. Le concept de charia modérée est présenté comme une arnaque politique. Il sert à légitimer ce projet auprès de la communauté internationale.

Ce projet cherche à reproduire le modèle mauritanien. Dans ce modèle, une minorité arabo-berbère utilise la religion pour dominer une majorité noire. Il s’agit d’un projet de domination raciale, non d’une revendication démocratique. L’obtention d’un tel pouvoir par les urnes est impossible. Ce n’est donc pas une lutte pour l’autodétermination, mais une tentative de partition du Mali par la force. Des puissances étrangères soutiennent cette entreprise fondée sur une hiérarchie raciale.

La Mauritanie pourrait soutenir secrètement les projets séparatistes de l’Azawad. Son propre système de domination raciale est menacé par l’évolution démographique. Une minorité arabo-berbère y contrôle une majorité noire. Un soutien permettrait de créer une zone tampon stable partageant une identité arabo-berbère. Cela perpétuerait un modèle de pouvoir basé sur la suprématie ethnique, étendant l’influence mauritanienne au-delà de ses frontières.

L’Algérie est le meilleur soutien des groupes rebelles du Nord-Mali. Bien qu’elle se présente comme médiateur, Bamako l’accuse d’être un exportateur de terrorisme. Ces accusations ont été relayées à l’ONU. En soutenant ces groupes, l’Algérie cherche à contrer l’influence du Maroc. Elle vise aussi à piller les ressources naturelles du Nord-Mali, notamment l’or, l’uranium et le lithium du bassin de Taoudeni. Sa compagnie Sonatrach y détient des concessions. En affaiblissant l’État malien, elle pourrait profiter de ces richesses via des réseaux parallèles. Les groupes armés servent de bouclier stratégique.

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