La Banque des États de l’Afrique centrale privilégie une monnaie numérique souveraine.
Elle rejette l’usage des stablecoins privés libellés en dollars. L’objectif est de protéger la stabilité monétaire des six pays de la CEMAC.
Le gouverneur Yvon Sana Bangui a précisé cette orientation le 8 mai à Dakar. Il participait à une conférence de la BCEAO sur les crypto-actifs.
Nous n’aurons qu’une parité : un franc CFA, un franc CFA numérique, adapté au cadre de coopération existant. C’est une question de souveraineté monétaire au niveau de la zone CEMAC.
La BEAC travaille avec le FMI sur un cadre réglementaire sous-régional. Un atelier a eu lieu en février avec la Commission bancaire de l’Afrique centrale.
Cette position intervient alors que les stablecoins sont encadrés ailleurs. Aux États-Unis, le GENIUS Act fixe des règles pour ces jetons. En Europe, le règlement MiCA encadre les émetteurs.
La zone CEMAC regroupe le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine. Ces pays partagent le franc CFA, dont la convertibilité est garantie par le Trésor français.
Une adoption massive de stablecoins en dollar créerait une seconde monnaie numérique. Les résidents devraient mobiliser des devises étrangères pour alimenter des portefeuilles hors zone. Cela pourrait accroître la pression sur les réserves extérieures.
À fin 2024, les réserves de change de la CEMAC atteignaient 11,3 milliards de dollars. Cela représente 4,2 mois d’importations, sous le seuil recommandé de cinq mois par le FMI.
Au Kenya, la Central Bank of Kenya a choisi d’encadrer les prestataires d’actifs virtuels. Le gouverneur Kamau Thugge a présenté cette approche à la même table ronde. Les émetteurs de stablecoins devront respecter des exigences de capital élevées. Ils devront détenir des réserves à hauteur d’un pour un, dont 30 % en dépôts bancaires.
La Sierra Leone adopte une position prudente. Le gouverneur Ibrahim Stevens a indiqué que son institution évalue un cadre d’autorisation avec l’appui du FMI. Cette prudence s’explique par une inflation récente, passée de 54 % en octobre 2023 à moins de 5 % en avril 2025.
Les banques centrales africaines s’intéressent de près aux stablecoins. Dans l’Union économique ouest-africaine, l’USDT de Tether est parfois utilisé pour les échanges avec la Chine ou le Golfe. Le FMI plaide pour la régulation plutôt que l’interdiction.






