À Ouagadougou, le 14 mai 2026, une rencontre culturelle s’est tenue chez l’artiste Issaka Ouédraogo, connu sous le nom de Zoug-Nanzaguemda. Cet événement précédait la commémoration du 15 mai. La directrice régionale de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Kadiogo, Noëlle Octavie Neya/Ouédraogo, présidait la soirée. De nombreux participants, dont des autorités coutumières, y ont assisté.
Le panel unique, animé par Zoug-Nanzaguemda, portait sur le thème « À la découverte de nos traditions ». L’artiste a d’abord rendu hommage au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Il a rappelé que la journée du 15 mai, instaurée en 2024, avait été une satisfaction pour lui. Il a souligné l’importance de reconsidérer les valeurs des sociétés anciennes pour le bonheur de tous.
Issaka Ouédraogo a ensuite abordé la fragilité actuelle de la cellule familiale. Il a déploré la perte de respect entre les époux. Autrefois, disait-il, un étranger percevait immédiatement l’harmonie dans un foyer. Aujourd’hui, la femme appelle son mari par son nom, exposant ainsi la famille à l’extérieur. Il a insisté sur la nécessité de revenir aux fondamentaux. La famille doit rester le lieu d’ancrage des valeurs. L’entente dans le couple est essentielle pour l’avenir des enfants.
« Nous devons tout faire pour préserver nos familles des divisions, sinon ce sont des problèmes que nous léguons à la postérité », a-t-il interpellé.
À la jeunesse, il a conseillé d’intégrer la patience, l’ardeur au travail et l’honnêteté. Il a utilisé une métaphore : « La vie est un escalier, il faut prendre le temps de monter, sans précipitation. » Il a aussi rappelé l’importance du respect des aînés, de la considération de la vie humaine, de la paix et de la solidarité.
Zoug-Nanzaguemda, artiste depuis 1978 avec 87 albums à son actif, a partagé des leçons de vie en mooré. Il a comparé les comportements d’antan à ceux d’aujourd’hui. Autrefois, la solidarité était discrète et efficace. Ceux qui avaient des récoltes abondantes partageaient avec les plus démunis, sans publicité. Aujourd’hui, même un voisin qui tue un bœuf ne change rien à la sauce du voisin. Il a rappelé que la famille ne se limite pas au couple et aux enfants, mais inclut toute la communauté de vie.
« Si nous n’intégrons pas nos valeurs à l’évolution du monde, nous allons à notre perte », a-t-il averti.
Il a déploré que les gens observent souvent quelqu’un emprunter un mauvais chemin sans l’interpeller, laissant les conséquences impacter toute la société. Il a conclu en rappelant que le mal que l’on fait revient toujours à soi.






