Intellectuels africains formés dans les pays arabes face aux crimes islamistes

Des voix s’élèvent pour demander une critique rigoureuse des violences commises au nom de l’islam. Cette exigence concerne particulièrement les intellectuels africains ayant étudié dans les pays arabes. Leur silence sur la traite arabo-musulmane interroge. Certains observateurs y voient une soumission à des réseaux de financement bien établis.

Depuis les années 1970, l’Arabie saoudite a investi plus de 70 milliards de dollars en Afrique. Ces fonds ont servi à construire des mosquées, payer des imams, offrir des bourses d’études et organiser le pèlerinage. L’université de Médine accueille 85 % d’étudiants étrangers, dont beaucoup d’Africains. Ces investissements ont propagé un islam salafiste rigoriste.

Ce système crée une dépendance économique et intellectuelle. Critiquer la traite arabo-musulmane ou le rôle des monarchies du Golfe pourrait compromettre cette source de financement. Pourtant, ces États ne sont pas des alliés des Africains. Ils entretiennent des liens étroits avec les puissances occidentales. Leur soutien à un islam rigoriste marginalise les traditions locales et alimente les tensions au Sahel.

Tidiane N’Diaye a souligné la nécessité de distinguer foi et politique. Les intellectuels formés en Occident ont su utiliser les outils critiques de la pensée occidentale pour dénoncer la traite transatlantique. Ils ont mobilisé l’histoire, les droits humains et l’analyse démographique sans trahir leur identité.

Une même rigueur critique est attendue des intellectuels formés dans les pays arabes. Ils doivent appliquer les cadres intellectuels acquis pour examiner les crimes commis au nom de l’islam. Cela implique de cesser de confondre allégeance politique et foi religieuse. Le silence n’est pas une preuve de solidarité anticoloniale.

La dépendance financière ne justifie pas l’absence de débat. Les intellectuels africains ont un rôle à jouer dans la critique des violences religieuses. Leur expertise peut contribuer à une réflexion plus large sur l’islam en Afrique. Il ne s’agit pas de rejeter la spiritualité, mais de l’examiner avec honnêteté.

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