Inclusion financière des femmes au Burkina Faso : Ecobank demande plus que des crédits

Noellie Cécile Tiendrebeogo dirige Ecobank Burkina Faso. Elle a pris la parole le 30 juin dernier. C’était lors d’un panel de la Banque mondiale. Ce panel portait sur la situation économique du Burkina Faso. Il a particulièrement abordé la place des femmes dans l’économie.

Moins d’une femme sur cinq possède un compte bancaire dans le pays. Beaucoup d’entrepreneuses rencontrent des difficultés pour obtenir des financements. Pourtant, la croissance économique du Burkina Faso est estimée à 5,3 % en 2025. En 2024, elle était de 4,8 %. Cette progression doit profiter aux femmes et aux jeunes.

Pour Noellie Tiendrebeogo, l’inclusion financière ne se résume pas à ouvrir des comptes. Elle ne se limite pas non plus à accorder des prêts. Il faut d’abord comprendre la réalité des femmes entrepreneurs. Leurs activités sont souvent viables. Mais elles manquent de garanties classiques. Leur niveau de formalisation est faible. Leur accès à l’information financière reste limité.

« Le principal frein n’est pas uniquement l’accès au financement. Il réside aussi dans la confiance, la structuration des activités, l’éducation financière et la capacité à proposer des solutions réellement adaptées aux besoins des femmes entrepreneures », souligne-t-elle.

Les institutions financières doivent proposer des solutions proches des parcours réels des femmes. L’enjeu est d’obtenir un financement. Mais il est aussi de structurer l’activité. Il faut gérer la trésorerie. Il faut utiliser des outils numériques. Il faut renforcer sa crédibilité auprès des partenaires.

« Ce qui fonctionne, c’est la proximité et la constance. Lorsqu’une cliente est accompagnée dans la tenue de ses comptes, lorsque les produits sont adaptés à ses cycles d’activité, et lorsque la formation vient compléter le financement, les résultats sont plus durables », estime Noellie Tiendrebeogo.

Accompagner les femmes entrepreneurs est aussi un levier pour les banques. Cela permet la croissance et la formalisation. En Afrique, les femmes ont l’un des taux d’entrepreneuriat les plus élevés. Leur accès au financement reste très limité. Cela est vrai surtout dans les secteurs à forte valeur ajoutée.

Ecobank Burkina Faso combine solutions financières, numérisation et accompagnement non financier. Le groupe Ecobank a lancé le programme Ellever. Ce programme panafricain soutient les femmes entrepreneurs. Il associe services financiers, renforcement des capacités et mise en réseau. L’objectif est de transformer des activités peu formalisées en entreprises structurées et bancables.

« À travers des initiatives comme Ellever, notre ambition est d’accompagner les femmes entrepreneures dans la durée, en leur donnant accès à des solutions financières, mais aussi à de la formation, du conseil et un réseau capable de soutenir la croissance de leurs activités », affirme la Directrice Générale.

La Banque mondiale appelle à faire de la résilience économique un moteur d’emplois. Le renforcement de l’inclusion financière des femmes est un chantier prioritaire. Pour Ecobank Burkina Faso, c’est un engagement de long terme.

« Pour renforcer durablement la participation économique des femmes, nous devons passer d’une logique d’accès ponctuel au financement à une logique d’accompagnement global, capable de créer de la confiance, de structurer les entreprises et de soutenir leur développement », conclut Noellie Cécile Tiendrebeogo.

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