Ibrahima Maiga possède un principe immuable. Ce principe concerne la sécurité nationale. Il affirme l’avoir payé cher. Il a perdu plusieurs membres de sa famille. Ces pertes sont liées au conflit. Un de ses neveux est venu le voir. Ce neveu demandait une intervention. Il voulait éviter un déploiement en zone rouge. Maiga l’a regardé. Il lui a dit deux choses. La première était qu’il irait. La seconde était qu’il ne fuirait pas.
Je lui ai posé la seule question qui comptait : si chacun appelait à la rescousse pour sortir les siens du front, qui resterait pour défendre ce pays
Il a pris cette position en connaissance de cause. Un de ses cousins l’avait supplié auparavant. Ce cousin voulait être redéployé ailleurs. Maiga a refusé cette demande. Ce refus n’était pas par dureté. Ce n’était pas par froideur non plus. C’était par respect pour les morts. Leur sacrifice lui interdisait cette action. Il ne pouvait pas faire sortir un des siens.
Pour lui, la famille a changé de définition. Elle n’est plus une affaire de sang. Sa famille inclut tous les combattants. Cela inclut ceux prêts à se battre pour le pays. Il les connaît ou non. D’autres cousins ont subi un sort tragique. Ils ont été extraits d’un véhicule. Cela s’est passé sur l’axe Dori–Falagountou. Ils ont ensuite été exécutés. La raison était leur origine. Ils venaient de Falagountou. Maiga n’évoque presque jamais cet événement. Il refuse de donner ce plaisir à l’ennemi. Il ne le laisse jamais atteindre son moral.
La lutte actuelle doit être menée jusqu’au bout. C’est le message qu’il répète. Il le dit jour et nuit. Il le dit à ses proches engagés. Ils sont dans l’armée et les VDP. L’ennemi ne doit jamais voir nos larmes. Il faut garder une idée en tête. Personne ne sort vivant de cette vie. Il vaut donc mieux risquer sa vie. Cela sert la liberté et celle des enfants. C’est préférable à une existence d’esclaves. Une telle existence serait un héritage mauvais.






