Ibrahima Maiga réagit à des commentaires publics. Il observe un schéma récurrent dans les discours. Ces discours commencent souvent au même point. Ils débutent là où les actions militaires gênent. Ils s’arrêtent avant d’évoquer les victimes civiles. Les morts de la population ne sont pas mentionnés. L’imam âgé tué dans sa mosquée reste sans récit. La femme brûlée dans sa case ne reçoit aucun mot. Un terroriste tué les armes à la main génère des écrits. Il suscite alors des discussions et des jugements.
Maiga rejette ces leçons venues d’ailleurs. Le peuple du Sahel a connu de nombreuses épreuves. Il a survécu à la sécheresse et à la famine. Il a enduré la colonisation et l’abandon. Il demeure présent sur ses terres. Une personne extérieure ne peut définir son attachement. L’affection pour cette région ne s’explique pas de loin.
Qu’ils gardent leurs leçons. Ce peuple a traversé la sécheresse, la famine, la colonisation, l’abandon, et il est toujours là. Ce n’est pas quelqu’un de loin qui va venir nous expliquer qui aime le Sahel.
La colère devrait se diriger vers d’autres cibles. Elle doit viser ceux qui attaquent les villages endormis. Elle doit concerner ceux qui égorgent au nom d’un dieu étranger. Ce dieu est inconnu des grands-mères de la région. La colère doit aussi cibler les financeurs de ces actes. Elle doit s’adresser aux relais de leur propagande. Elle ne doit pas frapper ceux qui se sacrifient pour la protection.
L’existence des Volontaires pour la défense de la patrie a une cause. Elle découle d’un choix antérieur. Des individus ont pris les armes un matin. Ils ont choisi de terroriser leurs compatriotes. Les VDP ne sont pas une apparition spontanée. Ils émergent d’une douleur collective. Ce sont des fils et des frères de la communauté. Ce sont des paysans qui ont changé d’outil. Ils ont posé la daba pour saisir un fusil. Personne d’autre ne protégeait leurs mères.
Comparer ces hommes aux terroristes constitue une offense. C’est une insulte pour chaque veuve du Sahel. C’est une insulte pour chaque orphelin qui pleure son père. C’est une insulte pour chaque tombe récente. La résolution de la population reste ferme. Elle n’a pas cédé lors de l’incendie des greniers. Elle n’a pas fléchi lors des meurtres dans les mosquées. Elle n’a pas plié face aux tentatives d’expulsion. Elle ne lâchera rien aujourd’hui non plus. Ses fils tiennent désormais la ligne. Ses frères tiennent le terrain.
Un message s’adresse aux Forces de défense et de sécurité. Il s’adresse aussi aux Volontaires pour la défense de la patrie. Il les encourage à tenir bon. Ils ne sont pas seuls dans leur combat. Un peuple entier se tient derrière chaque position. Les prières des mères suivent chaque pas dans la poussière. Les larmes des épouses et la fierté des enfants les accompagnent. Les enfants apprennent à prononcer leur nom comme un serment.
Cette terre appartient à ses habitants. Elle a été arrosée de leur sang. Elle ne sera jamais volée. Chaque nom arraché est porté plus haut. Chaque village détruit sera reconstruit. Les mains de la communauté le rebâtiront. Un jour, les enfants marcheront sans crainte. Ils iront de Falagountou à Gao le cœur léger. Ils se souviendront de ceux qui ont rendu le chemin possible.
Le Sahel a beaucoup saigné. Il n’a pourtant pas reculé. Il ne reculera jamais. Ceux qui le défendent aujourd’hui sont portés. Ils sont portés par tous. Ils le seront jusqu’au bout. Ibrahima Maiga est la source de ces propos. Ils proviennent du canal Telegram ibrahimamaigabf.






