Film sur Daniel Ouezzin Coulibaly projeté au Centre culturel des armées

Une projection a eu lieu au Centre culturel des armées, dans la nuit du 1er juillet 2026. Le film présenté s’intitule Daniel Ouezzin Coulibaly, voix de l’Afrique. Il retrace la vie de cet homme politique burkinabè. Réalisé par Bernard Yaméogo, ce film a reçu le prix du président du Faso au FESPACO 2025. L’objectif est de raviver la mémoire d’une figure historique.

Daniel Ouezzin Coulibaly fut le premier chef du gouvernement de la Haute-Volta. Il fut aussi un acteur clé du Rassemblement démocratique africain (RDA). Né en 1909 à Pouy, il étudia à l’école William Ponty. Il devint ensuite enseignant à Bobo Dioulasso. Très tôt, il comprit que l’éducation et l’engagement politique étaient liés. Il voulait faire de l’éducation un moteur de développement pour la Haute-Volta.

Aux côtés de Félix Houphouët-Boigny, il lutta contre le système colonial français. Il fut député puis sénateur au parlement français. Il porta la voix des populations africaines. Son combat visait davantage de justice et d’autonomie pour les peuples africains. Le 17 mai 1957, il présida le premier Conseil de gouvernement. La Haute-Volta retrouvait alors son autonomie politique.

Son programme politique était ambitieux. Il priorisa l’accès à l’eau, l’éducation, la santé et le développement rural. Il appelait les Voltaïques à prendre leur destin en main. Mais il mourut le 7 septembre 1958 à Paris. Sa disparition survint avant l’indépendance de la Haute-Volta, devenue Burkina Faso en 1960.

Cette projection invite à revisiter les débuts de l’histoire politique du pays. Elle permet de reconnaître ceux qui ont préparé l’indépendance. Bernard Yaméogo a déclaré :

Beaucoup de référents en repères mémoriels sont oubliés. C’était l’occasion de réhabiliter l’un d’eux en lui donnant de l’espace, au regard de son parcours historique, lequel a servi comme fondement de la nation burkinabè. Il a donné de son intelligence et de sa vie, pour que nous puissions être ce que nous sommes aujourd’hui.

Le réalisateur a précisé que le premier fils de Daniel Ouezzin Coulibaly vit en Côte d’Ivoire. Il a 94 ans. Beaucoup attribuaient à tort une nationalité ivoirienne à l’homme politique. Bernard Yaméogo a ajouté :

Ce film a donc été réalisé pour les Burkinabè, afin qu’ils sachent que Daniel Ouezzin Coulibaly est né ici, qu’il a grandi ici, a travaillé ici. Il a été séparé de nous, est allé en Côte d’Ivoire, mais est revenu dans son pays pour le libérer. C’est lui qui a lancé le premier programme pour développer notre pays.

Le colonel Evariste Somé, directeur du centre culturel des armées, a salué le film. Il a expliqué :

Il nous révèle qui est l’homme. Les témoignages que nous avons eus avec le réalisateur qui a assisté à la projection, nous convainquent qu’il fallait présenter ce film car des institutions comme le camp de Bobo Dioulasso, deuxième plus grand camp de notre pays, porte son nom.

Il a regretté que beaucoup de militaires ignorent qui était cet homme. Il a ajouté :

Il est important de faire revivre les hommes qui se sont battus pour notre pays.

Charifatou Ilboudo, étudiante en sciences politiques, a trouvé le film instructif. Elle a déclaré :

J’ai beaucoup appris de ce film sur Daniel Ouezzin Coulibaly. C’est un homme persévérant, intègre, qui croyait en ces rêves. La jeunesse peut s’inspirer de lui en repartant à ses racines, parce qu’il a eu établir un programme qui a inspiré et qui continue d’inspirer.

Elle a encouragé les autres à voir le film. Christian Ilboudo a qualifié Daniel Ouezzin Coulibaly de libérateur. Il a dit :

C’est un grand homme, qui n’avait rien à voir avec le colon, qui voulait vraiment le développement de son pays, qui a tout donné. Mais comme on le sait, tout le monde ne peut être d’accord avec nous quand on a une idée. La mort l’a emporté tôt, mais il a légué son héritage à des hommes de confiance pour finir la mission.

Aboubacar Coulibaly a vu en lui un patriote. Il a estimé :

Son parcours politique révèle qu’il s’est battu pour son peuple, pour son pays… La jeunesse peut s’inspirer de son courage, son travail acharné, sa rage de réussir, pour son bien-être, mais aussi de celui du pays tout entier.

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