Au Burkina Faso, les femmes rencontrent toujours des difficultés pour posséder la terre. Pourtant, les lois garantissent ce droit. Naziha Poguiyam/Nana, conseillère en droits humains, analyse cette situation. Elle travaille à la Direction régionale des droits humains des Tannounyan.
L’accès à la terre ne se limite pas à la possession. Il inclut aussi la sécurisation du terrain. Cela permet aux femmes d’investir et d’augmenter leurs revenus. Actuellement, une tension existe entre les lois et les pratiques coutumières.
La constitution burkinabè, dans son article 101, assure l’égal accès aux ressources naturelles. La loi du 21 octobre 2025 sur la réorganisation agraire et foncière le confirme. Cette loi ouvre l’accès à la terre à toute personne, sans distinction de sexe. Les femmes peuvent demander, détenir et exploiter une terre. Elles peuvent aussi obtenir les mêmes titres fonciers que les hommes.
Cependant, l’application de ces textes reste insuffisante. Les instances locales de gestion foncière sont souvent dominées par les hommes. Les femmes obtiennent rarement des titres sécurisés. La reconnaissance juridique existe, mais les normes socioculturelles limitent son application. L’accès réel des femmes à la propriété foncière demeure faible.
Plusieurs barrières freinent cet accès. Les barrières juridiques et institutionnelles sont notables. Les lois garantissent l’égalité, mais leur application est faible en milieu rural. Un décalage existe entre le droit moderne et les pratiques locales. La sécurisation foncière est faible. Les femmes exploitent souvent des terres sans titre formel. Leurs droits sont temporaires, révocables et non transmissibles. Elles ne peuvent ni vendre ni investir durablement. Le manque d’information aggrave la situation. Les femmes connaissent mal les procédures pour accéder à la terre ou la sécuriser. Leur présence dans les instances de gestion foncière est faible.
Les barrières coutumières sont les plus déterminantes. Le droit coutumier domine l’accès à la terre. La terre est considérée comme un bien collectif, sacré et inaliénable. Elle est contrôlée par des liens masculins. Le système privilégie l’héritage de père à fils. Les femmes n’accèdent à la terre que par le mari, le père ou un prêt temporaire. Dans plusieurs communautés, les femmes sont vues comme étrangères, destinées à se marier ailleurs. Elles n’ont pas de droits durables sur les terres du lignage. Des tabous existent aussi concernant l’enregistrement foncier féminin.
Les barrières socioculturelles incluent le fait que l’idée d’une femme propriétaire est peu acceptée. Dans la société africaine, l’homme est considéré comme le chef de famille et propriétaire. La femme est perçue comme une utilisatrice dépendante. La dépendance économique des femmes limite leur accès aux ressources complémentaires.






