Drissa Zerbo, topographe et poète primé au Burkina Faso

Drissa Zerbo exerce le métier de topographe depuis 2009. Il arpente les zones urbaines et rurales du Burkina Faso. Cet homme de 40 ans mesure les terrains avec précision. Mais il cache une autre passion derrière ses instruments. La poésie occupe une place centrale dans sa vie. En mars 2026, son recueil L’Éveil des plaines a reçu le premier prix du Grand prix de poésie Thomas Sankara.

Zerbo concilie deux activités que beaucoup jugent opposées. Le jour, il porte un casque de chantier. La nuit, il remplit des carnets de notes. Pour lui, ces deux mondes sont complémentaires. Son métier lui offre une source d’inspiration directe. Il parcourt le pays dans toute sa diversité. Cela lui permet d’écrire des textes qui évitent les clichés.

En tant que topographe, vous êtes appelé à parcourir votre pays dans toute sa richesse et dans toute sa diversité. Quand, au-delà de cela, vous êtes passionné d’écriture, votre métier devient naturellement votre source première d’inspiration. Il vous permet de faire le tri entre les idées reçues et les potentialités réelles de votre pays. Il vous fournit suffisamment de matière pour construire des textes qui sortent du cercle vicieux des clichés. Ce sont donc deux univers, deux métiers, avec beaucoup plus de complicité qu’on pourrait croire.

La poésie est entrée tôt dans sa vie. Au lycée, il écrivait quelques manuscrits sans conviction. En 2023, il a publié son premier roman, Sous le voile, la lumière. Ce roman raconte l’histoire d’une élève de troisième mariée contre son gré. Elle rêvait de poursuivre ses études pour accomplir de grandes ambitions.

Le recueil L’Éveil des plaines invite à la résilience. Il encourage à ne pas baisser la garde face à un ennemi qui ne partage pas les mêmes valeurs. Zerbo s’adresse aux peuples éprouvés. Il leur demande de vivre le présent comme une chance ultime. Ce prix a changé son regard sur sa passion d’enfance.

Ce prix change énormément de choses pour moi. Il change mon propre regard sur une passion d’enfance. Il vient avec ses exigences et pose désormais de nouvelles conditions de qualité. C’est un nouvel élan qu’il impulse.

L’écriture reste un métier de second plan pour Zerbo. Il l’exerce dans la discrétion et pendant ses temps libres. Il trouve difficile d’équilibrer un métier de formation et un métier de cœur. Le temps est une denrée rare. Beaucoup de projets d’écriture attendent de trouver du temps pour voir le jour.

Zerbo est originaire de la commune rurale de Gassan, dans la province du Nayala. Il prévoit de publier un recueil de poèmes et d’autres textes si les conditions le permettent. Il résume son poème par une phrase :

La tempête qui a fait chavirer le navire burkinabè par le passé pourrait le refaire si nous commettons l’erreur de penser qu’elle n’est plus à bord.

Zerbo montre qu’il est possible de vivre sa passion même après des études dans un autre domaine. Il faut croire en ses moyens pour y parvenir.

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