Dr Apollinaire Kyélèm de Tambèla évoque la souveraineté africaine

Une conférence s’est tenue à Ouagadougou le 20 avril 2026. Elle portait sur la colonisation et ses systèmes persistants. L’Institut de développement de la diaspora africaine et le gouvernement burkinabè ont organisé cet événement. Des personnalités politiques ont animé le panel. Parmi elles se trouvait le Dr Apollinaire Kyélèm de Tambèla. L’ancien Premier ministre a pris la parole devant des Afrodescendants. Il a décrit une dynamique engagée par le Burkina Faso. Cette dynamique est menée sous la direction du président Ibrahim Traoré. Elle cherche à obtenir une souveraineté réelle. L’objectif est une libération de l’emprise néocoloniale.

Le Dr Kyélèm de Tambèla a retracé une longue histoire.

L’homme noir a d’abord été colonisé par les Arabes. Il a subi la traite arabo-musulmane avant la traite transatlantique. Puis est venue la colonisation et maintenant la néo-colonisation.

Il a ensuite examiné la situation actuelle. Le système capitaliste mondialisé formate les esprits selon lui. Il perturbe aussi les habitudes de consommation. Ce formatage passe notamment par l’enseignement.

Le colon s’est retiré dans l’apparence. Mais il est resté dans le fond avec son système d’enseignement. Lutter contre le néo-colonialisme est donc difficile. Les esprits sont formatés.

Il a donné un exemple concret. L’arrivée au pouvoir du président Traoré a suscité une nouvelle approche. Il était complexe d’expliquer une autre forme de démocratie. Les populations étaient convaincues par le modèle occidental. Cette conviction rendait le dialogue ardu.

L’ancien chef du gouvernement a développé sa pensée. Tous les peuples ont vécu en démocratie depuis l’Antiquité. Le terme signifie le pouvoir du peuple. Sa forme dépend de l’histoire et de la culture de chaque société. Les structures politiques africaines copient souvent l’Occident. Elles ne correspondent pas aux aspirations des populations. Cette inadéquation génère de l’instabilité selon lui. Une minorité intellectualisée impose ce modèle. Elle veut forcer son application partout.

Nous avons décidé qu’il faut essayer de remettre les pendules à l’heure. Il faut voir quelle forme d’organisation correspond à notre société.

Il a affirmé l’existence de démocraties africaines traditionnelles. Le président Traoré a déjà déclaré que la démocratie occidentale ne convient pas. Le Dr Kyélèm de Tambèla a cité l’exemple du Mogho Naaba. Ce chef traditionnel burkinabè possède un pouvoir légitime. Son autorité est acceptée par la population depuis des siècles.

Il n’a pas besoin de garde. Tout le monde le reconnaît comme le représentant de la société Moaga. C’est cela la démocratie. La démocratie, ce ne sont pas des gens qu’on élit. Ce ne sont pas des gens qu’on garde avec des milliers d’hommes.

Son intervention a été régulièrement applaudie.

Il a aussi abordé la question des droits de l’homme. Les sociétés africaines ont toujours vécu dans leur respect. Une conception bourgeoise des droits est enseignée dans les écoles occidentales. Elle répond à des besoins spécifiques. Le Dr Kyélèm de Tambèla a posé une question rhétorique.

Ceux de l’Occident doivent-ils venir nous enseigner les droits de l’homme ? Eux qui ont traité nos ancêtres en esclaves. Eux qui sont venus éventrer des femmes enceintes. Ils ont massacré des villages entiers pendant la colonisation.

Il a critiqué certains intellectuels diplômés. Ils seraient incapables de prendre de la distance. Ils ne pourraient pas fonder une réflexion autonome. Le panel comprenait aussi le général Kassoum Coulibaly. La ministre Annick Pikbougoum et le Dr Arikana Chihombori y participaient également. Ils ont invité les Afrodescendants à s’approprier cette lutte. Elle vise une souveraineté pleine et entière.

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