Le sommet Africa Forward s’est tenu à Nairobi le 12 mai 2026. Une trentaine de chefs d’État ont adopté la Déclaration de Nairobi. Ce document de vingt et une pages structure les relations Afrique-France en onze chapitres. Trois annexes traitent de la paix, de la sécurité, des déséquilibres macroéconomiques et du partenariat renouvelé.
Le pilier économique repose sur l’Africa-France Impact Coalition (AFIC). Cette plateforme réunit plus de quarante grands dirigeants africains et français. Leur chiffre d’affaires cumulé atteint cent milliards d’euros. Six cent mille emplois sont représentés sur le continent. La coalition porte les vingt-trois milliards d’euros d’investissements annoncés par Emmanuel Macron. Quatorze milliards proviennent d’engagements français et neuf milliards d’investissements africains. La ventilation officielle prévoit 4,3 milliards pour la transition énergétique. Le numérique et l’IA reçoivent 3,76 milliards. L’économie bleue obtient 3,3 milliards. Un milliard est alloué à l’agriculture et 942 millions à la santé.
Quatre instruments financiers sont cités dans la déclaration. La plateforme de garantie de la Banque mondiale, hébergée par la MIGA, vise 6,4 milliards de dollars d’émissions annuelles pour l’Afrique d’ici 2030. Une opération croisée euro/franc CFA de cent millions d’euros est présentée comme une première mondiale entre la BOAD et Proparco. Un programme de prêts en monnaie locale atteignant cinq cents millions de dollars est lancé entre la SFI et une grande banque commerciale africaine. La BAD et la BERD préparent une facilité intégrée pour les PME à forte croissance.
ATIDI est endossée comme plateforme panafricaine de réduction des risques. Les chefs d’État ont mandaté la BAD pour structurer cette architecture. Emmanuel Macron a confirmé la rentrée de la France au capital d’ATIDI. L’Assemblée générale de la BAD fin mai 2026 servira de première étape opérationnelle.
Sur les droits de tirage spéciaux, la formulation retenue est diplomatiquement faible. Le dossier est renvoyé à des étapes ultérieures. Kristalina Georgieva a indiqué que plus de 109 milliards de dollars de DTS ont été acheminés vers des instruments gérés par le FMI. Le mécanisme de réallocation vers les banques multilatérales reste bloqué en raison des règles des banques centrales européennes et de l’hostilité de l’administration Trump.
Le nucléaire civil fait son entrée dans une déclaration Afrique-France au même niveau que les renouvelables. Il s’agit d’une rupture avec les sommets précédents. Le Burkina Faso a ratifié son accord nucléaire civil avec Rosatom. Le Mali et le Niger ont formalisé des accords avec la société russe. L’Éthiopie a signé une feuille de route avec Rosatom. L’Ouganda vise 2 000 MW de capacité d’ici 2032. Le Rwanda explore une voie technologique avec Dual Fluid. Le Kenya dispose d’un programme nucléaire civil avec l’AIEA. Le Togo a signé un cadre de programmation avec l’AIEA. Le Bénin est devenu le premier pays bénéficiaire du nouveau service consultatif de l’AIEA.
Le président de la BOAD, Serge Ekué, plaide pour l’intégration du nucléaire dans le mix énergétique de l’UEMOA.






