Débuts diplomatiques de Wadagni : parallèle avec Faye

La diplomatie de Romuald Wadagni présente des similitudes avec celle de Bassirou Diomaye Faye. En mai 2024, le président sénégalais avait multiplié les gestes d’ouverture. Il s’était rendu à Bamako et Ouagadougou pour promouvoir le dialogue. Ces visites visaient à apaiser les tensions avec l’Alliance des États du Sahel. À l’époque, ces actions avaient été perçues comme un signe de réconciliation régionale.

Cependant, l’évolution ultérieure incite à la prudence. En juin 2026, Diomaye Faye a opéré un changement stratégique notable. Il a nommé le général Birame Diop, ministre des Forces armées, à la tête de la Commission de la CEDEAO. Cette nomination est historique. Pour la première fois, un militaire en activité dirige cette institution. Cela rompt avec la tradition des prédécesseurs civils.

Ce choix indique une priorité accordée à l’approche sécuritaire. Il marque un alignement ferme sur la ligne de la CEDEAO face aux pays de l’AES. Le Sénégal se positionne ainsi comme un acteur central de la réponse régionale. Cette décision constitue une rupture nette avec la posture initiale de médiateur.

L’évolution rapide de la main tendue à la nomination d’un chef militaire à un poste clé exige de la vigilance. Les débuts de Wadagni ressemblent à ceux de Diomaye Faye. Mais rien ne garantit que son parcours suive la même trajectoire. L’histoire récente montre que les rapports de force régionaux peuvent contraindre les leaders à des choix radicaux.

Il convient d’attendre les actes concrets avant de conclure à une rupture stratégique. Le risque est de prendre l’AES de revers. La diplomatie pourrait servir de force de fixation pour endormir sa vigilance. Pendant ce temps, les véritables manœuvres stratégiques, sécuritaires, économiques ou médiatiques, s’organisent sur ses flancs et dans ses arrières.

Derrière les sourires et les visites, une stratégie d’isolement systématique est peut-être à l’œuvre. Rien n’exclut que Romuald Wadagni, successeur de Patrice Talon dans la continuité politique, poursuive cette même ligne.

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Wadagni et Diomaye Faye : des débuts diplomatiques qui se ressemblent

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